Les 18 et 19 mai, l’ensemble des 50 bateaux en mission pour amener de l’aide humanitaire internationale à Gaza ont été interceptés par les forces d’occupation israéliennes dans les eaux internationales au large de Chypre, la plupart à 400 km des côtes de Gaza. Cette opération d’Israël a une fois de plus violé le droit international.
Environ 430 activistes venu·es de 45 pays, dont douze Canadien·nes, ont été illégalement enlevé·es par Israël dans les eaux internationales et sont actuellement détenu·es en Israël.
Une vidéo partagée aujourd’hui par le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, montre les activistes internationaux agenouillé·es, la tête contre le sol et les mains liées, avec l’hymne national israélien en musique de fond et le ministre d’extrême droite triomphant. Dans une autre vidéo, il les qualifie de « partisan·es du terrorisme » et demande à les détenir « beaucoup, beaucoup plus longtemps ».
Le 29 avril, une vingtaine d’autres bateaux partis plus tôt et transportant plus de 180 activistes avaient également fait l’objet de ce que les organisateur·trices qualifient d’« acte de piraterie » d’Israël. Des activistes récemment libéré·es ont rapporté des actes de torture, d’agression sexuelle et des traitements dégradants commis par les forces israéliennes.
À ce jour, Israël a systématiquement intercepté toutes les flottilles ayant pour mission d’acheminer de l’aide humanitaire à Gaza, sous blocus israélien depuis 2007, sans jamais être sanctionné par la communauté internationale.
Selon Global Sumud Canada, la branche canadienne de l’initiative, les multiples tentatives urgentes pour obtenir de l’aide ou des informations concernant les participant·es canadien·nes auprès d’Affaires mondiales Canada, des autorités consulaires canadiennes en Israël et à Chypre, ainsi que de nombreux bureaux de député·es fédéraux·ales, restent sans réponse. Affaires mondiales Canada s’est contenté d’affirmer être « au courant de la situation ».
« Cette inaction du gouvernement canadien s’inscrit en continuité avec la complicité active du Canada dans le génocide du peuple palestinien et les innombrables crimes commis par Israël en toute impunité », condamne le groupe dans un communiqué transmis par courriel.
Ce n’est qu’après que la vidéo publiée par Itamar Ben Gvir a provoqué un tollé mondial que la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, a déclaré sur X qu’elle avait « demandé à [ses] fonctionnaires de convoquer l’ambassadeur d’Israël concernant le traitement inacceptable des civils à bord de la flottille ».
Selon Global Sumud Canada, la majorité des participant·es canadien·nes avaient pris la décision d’entamer une grève de la faim en cas d’attaque et d’enlèvement par Israël.
« Cette grève de la faim ne sert pas seulement à dénoncer leur propre enlèvement et détention arbitraire, mais surtout à recentrer l’attention internationale sur les plus de 10 000 prisonnier·ères palestinien·nes retenu·es captif·ves par le régime colonial israélien, souvent sans procès et dans des conditions inhumaines, ainsi que sur la criminalisation croissante de la solidarité avec la Palestine partout dans le monde », souligne le groupe dans un autre communiqué transmis par courriel.
En même temps, des rassemblements populaires ont eu lieu dans plusieurs villes canadiennes, entre autres à Montréal, pour manifester contre l’inaction du gouvernement canadien, contre le blocus de Gaza par Israël ainsi que sa détention arbitraire des activistes internationaux.
Global Sumud Canada continue d’appeler le gouvernement canadien à imposer des sanctions contre Israël et un embargo complet sur les armes, à exiger la fin immédiate du blocus illégal sur Gaza et la libération des prisonnier·ères palestinien·nes illégalement détenu·es et torturé·es par l’État sioniste.
Mise à jour : L’article a été mis à jour pour inclure les dernières informations concernant la détention des activistes et la réaction de la ministre des Affaires étrangères du Canada. (2026-05-20)
