Na’Moks, chef héréditaire du clan Tsayu de la nation Wet’suwet’en | Photo : Thibault Carron

Manifestation à Montréal contre les investissements de la RBC dans le pipeline Coastal GasLink

Les manifestant·es ont dénoncé les investissements massifs de la Banque royale dans l’industrie fossile, qui menacent à la fois les droits des Autochtones et le climat.

Jeudi en fin de journée, des représentant·es autochtones, des environnementalistes et des citoyen·nes ont manifesté devant les bureaux de la Banque royale du Canada (RBC) à Montréal. Parmi les manifestant·es, Na’Moks, chef héréditaire du clan Tsayu de la nation autochtone Wet’suwet’en, de passage au Québec.

Le chef Na’Moks et les autres personnes présentes réclamaient la fin des investissements de la RBC dans le pipeline Coastal GasLink. Les Wet’suwet’en s’opposent fermement à la construction de ce gazoduc, qui doit traverser son territoire, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. La RBC est l’une des entreprises qui apportent le plus grand soutien financier à ce projet, porté par l’entreprise TC Energy.

La RBC doit aussi impérativement se doter d’une politique pour respecter le consentement préalable, libre et éclairé des peuples autochtones touchés par ses investissements, d’après les manifestant·es.

« Banque royale, cessez de financer CGL »
« Banque royale, cessez de financer CGL » | Photo : Thibault Carron

Dans les derniers mois, la mobilisation des Wet’suwet’en a permis de retarder la construction du gazoduc. Toutefois, le forage sous la rivière sacrée Wedzin Kwa (rivière Morice) menace de reprendre dans les prochaines semaines. TC Energy a reçu le soutien de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui a mené des interventions armées contre les défenseurs du territoire Wet’suwet’en, en arrêtant plusieurs.

RBC, championne canadienne du financement fossile

Les manifestant·es réuni·es devant les bureaux de la RBC jeudi dénonçaient aussi tous les investissements de cette banque dans l’industrie des énergies fossiles. Avec plus de 260 milliards $ investis depuis 2016, la RBC est la banque canadienne offrant le plus de financement à l’industrie du pétrole, du gaz et du charbon. À l’échelle mondiale, elle est la cinquième institution financière la plus impliquée dans le secteur fossile, d’après les données du rapport Banking on Climate Chaos.

« RBC : 262 milliards $ pour la crise climatique et le colonialisme » | Photo : Thibault Carron

En plus du gazoduc Coastal GasLink, la RBC offre aussi un soutien financier à plusieurs projets de pipelines, dont celui de Trans Mountain.

Le rassemblement de solidarité avec les Wet’suwet’en avait lieu à l’initiative de divers groupes de défense de l’environnement et des droits humains, dont Extinction Rebellion, Greenpeace et Amnistie internationale.

LES BANQUES CANADIENNES ET LE CLIMAT

Les cinq plus grandes banques canadiennes (RBC, TD, CIBC, la Banque de Montréal et la Banque Scotia) font toutes partie du top 20 mondial des institutions financières qui investissent le plus dans les énergies fossiles.

Ensemble, depuis 2016, ces cinq banques ont fourni plus de 900 milliards $ à l’industrie du pétrole, du gaz et du charbon, dont 165 milliards $ en 2021. Après une baisse des investissements au début de la pandémie, elles ont toutes rehaussé leur soutien financier au secteur fossile, qui a fait un bond de 70 % en 2021.

Elles se sont pourtant toutes engagées à atteindre zéro émission nette d’ici 2050. Pour atteindre cet objectif, il faudrait refuser tout nouveau projet d’exploitation des énergies fossiles et accélérer la fin des activités déjà existantes, selon l’Agence internationale de l’énergie.

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