Le festival du film pour l’environnement de Saint-Casimir se veut un espace de discussion autour des enjeux environnementaux réunissant cinéphiles, activistes et citoyen·nes curieux·ses..
Du 5 au 9 août prochain à Saint-Casimir dans la région de Portneuf se tiendra le Festival du film pour l’environnement (FFPE), un événement annuel qui en est à sa 22e édition.
Au menu, des ateliers et la projection d’une douzaine de films, principalement des documentaires, mais aussi quelques œuvres de fiction, abordant des thématiques aussi diverses que la place des femmes dans la lutte environnementale, les limites du capitalisme, l’écologie forestière et l’adaptation aux changements climatiques aux Îles-de-la-Madeleine pour n’en nommer que quelques-unes. Chaque projection s’accompagne d’une discussion animée pour poursuivre la réflexion poussée par le film.
« Le festival n’est pas un moment où l’on veut taper avec une règle de bois sur les doigts du monde, mais plutôt un moment de réflexion où on peut donner des pistes d’actions concrètes sur des sujets qui sont vraiment larges. »
Léo Denis Carpentier, FFPE
Un des moments forts à prévoir cette année, la projection de films réalisés à l’aide de l’Intelligence artificielle par des étudiant·es de maîtrise et de doctorat en cinéma de l’Université Laval, accompagné d’un débat ouvert au public sur les enjeux artistiques, éthiques, environnementaux et humains associés à une telle démarche.
« Comme cinéaste, l’intelligence artificielle, on le sait qu’on est rendu là, c’est un outil de plus a avoir dans notre boîte à outils s’il est utilisé intelligemment, mais en même temps on le sait que les serveurs et tout ce qui soutient ça utilisent énormément d’électricité et que s’ils sont aux États-Unis il y a même des chances qu’elle soit produite avec du charbon », remarque Léo Denis Carpentier, directeur du festival.
Une occasion de se ressourcer
« Le festival, pour moi c’est vraiment l’occasion d’aller chercher mon gaz », confie la comédienne Geneviève Bilodeau, présidente du conseil d’administration du festival et marraine de l’événement.
« Quand on est seul à lire l’actualité c’est facile de se décourager politiquement, d’avoir le sens que l’économie prend toujours le dessus sur ce qui est sensé, de se dire que plus ça change plus c’est pareil. À lire le journal, on se sent seul en maudit », soupire-t-elle.
« Mais avec le festival, tout d’un coup, on se retrouve avec des gens qui se sentent concernés, ça rassure, ça réconforte, on se dit : “OK! Il y en a du monde qui est intéressé et préoccupé.” Il y a du monde qui veille au grain, des petits groupes, des grands groupes, des citoyen·nes, des personnes seules, des artistes, » poursuit-elle.
« Juste le fait d’être en groupe pour se dire : “Ouf, où est-ce qu’on s’en va?”, c’est constructif », souligne-t-elle.
« Le festival n’est pas un moment où l’on veut taper avec une règle de bois sur les doigts du monde, mais plutôt un moment de réflexion où on peut donner des pistes d’actions concrètes sur des sujets qui sont vraiment larges », confie Léo Denis Carpentier.
Aller plus loin que les converti·es
Une des forces du festival selon ses organisateur·trices est toutefois sa capacité de rejoindre des gens de tous horizons.
« Notre marché cible dans le fond c’est tout le monde. C’est important de s’adresser à tout le monde, la société en général, autant les personnes âgées, que les adultes, que les enfants », remarque le directeur.
Une visée d’autant plus importante que les enjeux environnementaux relèvent de la vie quotidienne dans une région et un petit village de 1500 âmes où la majorité de la population tire ses revenus des ressources naturelles et du travail de la terre.
« Au début, ce n’était pas donné que la cohésion sociale allait fonctionner », remarque Geneviève Bilodeau. « Je me rappelle quand on a diffusé Bacon le film, mettons qu’on a eu droit à de très belles discussions », ajoute-t-elle.
« Juste le fait d’être en groupe pour se dire : “Ouf, où est-ce qu’on s’en va?”, c’est constructif »
Geneviève Bilodeau,FFPE
« Dans les premières années, les gens de l’UPA [Union des producteurs agricoles], ils voulaient quasiment m’emmener dans le bois puis me faire la passe parce qu’ils pensaient que j’étais contre eux autres à cause qu’on parlait contre les produits de Monsanto », se remémore Léo Denis Carpentier. « Jusqu’à ce qu’on s’assoie ensemble et qu’ils comprennent qu’eux aussi ils se sont fait prendre là-dedans », poursuit-il.
« Et aujourd’hui à Saint-Casimir on a une cidrerie, des vergers et des producteurs maraîchers bio, c’est extraordinaire », s’enthousiasme-t-il.
La programmation complète du festival peut être consultée sur le site de l’évènement.