Contre le racisme, la solidarité féministe intersectionnelle

À l’occasion de la Semaine d’actions contre le racisme, nous, féministes de la région de la Capitale-Nationale, souhaitons porter un message commun : un appel à la solidarité féministe intersectionnelle!

Nous étions là, à la commémoration de l’attentat islamophobe et terroriste du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Nous étions là, aux activités du Mois de l’Histoire des Noir·es, aux actions de la Journée internationale des droits des femmes, au récent dépôt de la pétition de Femmes autochtones du Québec pour la reconnaissance du principe de Joyce et du racisme systémique.

À chacun de ces événements, nous avons entendu les appels à la solidarité des femmes et ce grand besoin de rapprochement et de compassion mutuelle entre les communautés.

L’intersectionnalité qui nous rassemble

Malgré ce qu’en dira notre gouvernement populiste au pouvoir, l’intersectionnalité ne nous divise pas : elle nous unit et nous nourrit! Elle nous pousse à nous parler, à nous écouter et à nous solidariser pour faire face aux systèmes de pouvoir qui conjuguent leurs effets sur nous. L’intersectionnalité nous pousse à lutter ensemble contre la discrimination sous toutes ses formes et pour la reconnaissance des droits de toutes les femmes.

Cette lutte ne peut se faire passivement : elle doit être proactive, déclarée, constructive et rassembleuse.

Nous sommes et serons ensemble, tant qu’il le faudra.

En niant l’intersectionnalité sous prétexte d’adhérer à un prétendu féminisme universaliste, en niant le racisme systémique et l’islamophobie sous prétexte de n’y voir que des gestes isolés, le gouvernement Legault ne fait que créer de la division et invisibilise surtout les femmes non issues des groupes majoritaires.

Combattre les violences

Féministes et solidaires, nous voulons ramener à l’avant-plan les revendications de la Semaine d’actions contre le racisme.

Nous appuyons les travailleuses et travailleurs immigrant·es, et particulièrement celles dont le statut migratoire est précaire. Ces personnes sont d’autant plus à risque d’être exploitées par leurs employeurs et de subir des abus, des discriminations, et de la violence psychologique ou sexuelle. Pour elles, nous réclamons des permis de travail ouverts, renouvelables et sans restriction, puis ultimement la fin des permis temporaires et l’élargissement de l’accès à la résidence permanente.

Nous revendiquons largement un droit au travail sans violences, peu importe l’origine, le statut migratoire, la couleur de peau ou l’habillement.

L’intersectionnalité ne nous divise pas : elle nous unit et nous nourrit.

Nous dénonçons le profilage racial et les interpellations policières qui discriminent plus fortement les femmes autochtones et racisées, les femmes en situation d’itinérance, aux prises avec des enjeux de santé mentale ou en situation de marginalité.

Finalement, nous souhaitons que la discussion collective autour des personnes réfugiées reconnaisse les contextes qui les ont menées à trouver refuge ici. Les violences, la crise climatique, l’insécurité ou la précarité qui règnent dans leur pays d’origine les poussent à fuir pour trouver une terre d’accueil. Accueillons-les avec dignité et considération!

Solidaires, dans la rue

Encore une fois, nous serons dans la rue ce dimanche 26 mars à la Marche régionale contre le racisme, à Québec.

Nous serons ensemble, à nouveau, au Jour de la Terre, à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, à la Journée nationale de commémoration pour les femmes et filles autochtones disparues et assassinées, aux Journées d’action contre la violence faite aux femmes.

La liste est longue, car les violences sont nombreuses. Malgré tout, nous sommes et serons ensemble, tant qu’il le faudra. Solidaires, unies et fièrement féministes intersectionnelles!

Signataires

Guitté Hartog, Comité femmes d’ici et d’ailleurs de la Ligue des droits et libertés – section Québec

Maryam Bessiri et Sophie Marois, Comité citoyen 29 janvier, je me souviens

Marielle M’bangha, Service de référence en périnatalité pour les femmes immigrantes de Québec & Comité femmes d’ici et d’ailleurs de la Ligue des droits et libertés – section Québec

Élise Landriault-Dupont, Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale

Pénélope Guay, Maison communautaire Missinak

Nadège Rosine Toguem, Collectif de lutte et d’action contre le racisme (CLAR)

Cecilia Valdebenito, Comité de femmes immigrantes (CFIQ)

Naélie Bouchard-Sylvain, Regroupement d’éducation populaire en action communautaire (RÉPAC) des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches