Marche pour le climat du 27 septembre 2019 à Montréal | Photo : Lëa-Kim Châteauneuf (CC BY-SA 4.0)
Nouvelle

Grèves et manifestations climatiques prévues le 23 septembre

Déçu·es par le manque d’ambition des politicien·nes, les militant·es pour la justice climatique organisent un mouvement de grève à quelques jours des élections.

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De nombreux groupes communautaires, syndicaux et étudiants manifesteront partout au Québec le 23 septembre prochain pour rappeler l’urgence d’agir pour la justice climatique. Tenu à dix jours des élections provinciales, l’évènement sera le point de départ d’une série de mobilisations visant à contraindre les gouvernements à renoncer aux hydrocarbures.

Au cours des prochains jours, des dizaines de syndicats et d’associations étudiantes locales tiendront des votes de grève afin de participer à des manifestations prévues le 23 septembre dans la plupart des grandes villes de la province dont Montréal, Québec, Gatineau, Rimouski, l’Assomption, Trois-Rivières, Sherbrooke et Rouyn-Noranda.

Une douzaine de groupes ont déjà des mandats de grève pour l’occasion.

« Notre objectif est d’avoir un impact sur les élections qui sont en cours et de relancer le mouvement pour la justice climatique sur des bases solides après qu’il a été ralenti par la pandémie », explique le porte-parole de Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique (TJC), François Geoffroy.

La journée de grève et de manifestation est une initiative de TJC avec notamment la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) et le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MEPACQ).

Agir plus fort et plus vite

Les propositions des différents partis en matière de lutte aux changements climatiques seraient loin d’être suffisamment ambitieuses pour faire face à la crise qui marquera les prochaines années, prévient Amélie Beaulé, déléguée de l’Association étudiante du cégep de Saint-Laurent. « Bien que certains partis aient annoncé leur vision pour 2030, elle reste largement insuffisante », remarque-t-elle.

Dans une déclaration commune, la coalition derrière les manifestations du 23 septembre demandera donc au parti qui formera le prochain gouvernement de s’engager à sortir complètement du pétrole et du gaz d’ici 2030, explique François Geoffroy.

« Parler seulement de réduction des GES sans une sortie complète du pétrole et du gaz nous fait tourner en rond. Ça empêche les partis au pouvoir de prendre réellement leurs responsabilités depuis des décennies », remarque-t-il.

Il concède toutefois qu’un tel changement entrainera une transformation sociale radicale qui nécessitera d’importants investissements. C’est pourquoi le mouvement demande aussi de hausser massivement la taxation sur la richesse pour financer les services publics et sociaux durant la transition, explique-t-il. « Il faut aller chercher l’argent là où il se trouve pour amorcer le virage social dont on a besoin. »

Quelques grands regroupements syndicaux ont déjà endossé les revendications du mouvement, dont la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN) et la Fédération de la culture et des communications (FNCC-CSN).

Un nouveau départ

La journée du 23 septembre se veut le départ d’une nouvelle vague de mobilisation sur les enjeux climatiques, explique François Geoffroy. Le mouvement planifierait entre autres de se faire entendre en marge de la Conférence de l’ONU sur la biodiversité (COP15) qui se tiendra à Montréal en décembre prochain, confie-t-il.

Il y aurait d’ailleurs un fort engouement dans la communauté étudiante pour augmenter la pression afin de réclamer plus de justice climatique, selon Amélie Beaulé. « C’est très facile de se mobiliser sur ces enjeux puisqu’ils nous touchent directement. Nous ne pouvons pas étudier pour un monde inexistant! » conclut-elle.

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