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Des banques canadiennes pourraient payer cher leur soutien à l’industrie pétrolière

Cinq grandes banques canadiennes pourraient être éjectées d’une association de l’ONU en raison de leur financement des énergies fossiles.

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L’ONU a récemment annoncé un resserrement des règles permettant d’adhérer à la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ), une alliance bancaire pour la transition énergétique. Selon une analyse de Greenpeace Canada, cinq des plus grandes banques canadiennes devront changer radicalement leur rapport à l’industrie pétrolière et gazière si elles veulent demeurer dans l’alliance.

La Banque Royale du Canada (RBC), la Banque Scotia, la Toronto Dominion (TD), la Banque de Montréal (BMO) et la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC) se sont toutes engagées à travailler concrètement à la transition énergétique lorsqu’elles ont joint le GFANZ en octobre 2021. « Elles ont adhéré en se disant que ce serait bon pour leur image », remarque l’analyste senior en énergie chez Greenpeace Canada, Keith Stewart.

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Voyant que l’alliance à laquelle participent la plupart des grandes banques mondiales risquait de devenir une opération d’écoblanchiment, l’ONU a toutefois annoncé en juin un resserrement des règles auxquelles doivent se contraindre ses membres, explique l’analyste.

« Les banques ne peuvent plus se contenter de financer des projets verts d’une main et les combustibles fossiles de l’autre. Elles doivent avoir un vrai plan pour rendre leur portefeuille carboneutre, ce que les banques canadiennes sont très loin de pouvoir réaliser », explique-t-il.

Trop près des pétrolières

Les cinq banques canadiennes en question sont parmi les vingt institutions financières qui financent le plus l’industrie pétrolière et gazière à l’échelle mondiale, selon le rapport Banking on climate chaos. Une pratique qui doit impérativement cesser si elles espèrent réduire suffisamment les émissions associées à leur portefeuille d’investissement pour respecter les critères imposés par l’ONU, d’après Keith Stewart.

« Les banques argumentent que les pétrolières ont besoin de financement pour réduire leur empreinte carbone, mais c’est illusoire. Les pétrolières peuvent réduire légèrement les émissions reliées à la production, mais on ne peut pas capter le CO2 qui sort du tuyau d’échappement des voitures », remarque-t-il.

En plus de financer l’industrie fossile, les banques canadiennes ont traditionnellement fait beaucoup de lobbying à ses côtés, selon l’analyste. Or, les nouvelles règles de l’ONU exigent non seulement des banques qu’elles cessent de faire pression contre des mesures environnementales, mais qu’elles usent également de leur influence pour s’assurer que celles-ci soient adoptées, remarque-t-il.

Une question d’image et d’argent

Dans l’éventualité où elles seraient éjectées de l’alliance, les banques risquent de très mal paraitre, prévient l’analyste. « Elles ont promis à leurs actionnaires et à leurs clients qu’elles travaillaient activement à une meilleure gouvernance environnementale. Si elles se font expulser, elles devront rendre des comptes », explique-t-il.

Elles pourraient aussi se voir refuser de participer aux vastes projets de transitions énergétiques des prochaines années, selon lui. « Ces projets représentent de vastes sommes d’argent et les banques souhaitent toutes en avoir une partie. Si elles se font expulser d’une alliance environnementale, les investisseurs risquent de s’en souvenir et de choisir d’autres partenaires d’affaires », prévient-il.

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