Manifestation devant le parlement britannique en septembre 2019. Eleanor Farmer | Oxfam

Climat : le Canada n’envoie que la moitié de l’argent qu’il doit aux pays du Sud

Les pays riches ne respectent toujours pas leurs engagements de « financement climatique » envers les pays pauvres.

Lors des précédentes Conférences des Nations Unies sur le climat (COP), les pays riches se sont engagés à verser collectivement 100 milliards $ par année aux pays en voie de développement, dès 2020. Toutefois, le montant de ce « financement climatique » n’a atteint que 79 milliards $ en 2019 et l’objectif ne devrait pas non plus être atteint pour 2020.

Le Canada et l’Allemagne sont responsables depuis cette année de s’assurer du respect des engagements internationaux de financement climatique. Les deux États ont annoncé dans les derniers jours qu’il faudrait encore attendre jusqu’en 2023 pour atteindre la cible de 100 milliards $. Appelée à réagir sur la question des financement climatiques, Catherine Caron, d’Oxfam-Québec, déplore : « C’est un manque à gagner qui s’accumule » à chaque année.

Par ailleurs, près des trois quarts du financement climatique international sont des prêts, aggravant l’endettement des pays défavorisés. « Ce n’est pas un réel appui », critique Catherine Caron. Oxfam juge plutôt que les vraies subventions devraient composer au moins 75% du financement climatique.

Un rapport du World Resources Institute (WRI) montre que plusieurs pays, dont le Canada, versent moins de la moitié de leur juste part, si on tient compte de leur puissance économique et de l’importance de leur pollution. Le Canada s’est engagé à verser 5,3 milliards $ sur cinq, soit environ 0,0005% de son PIB. Il s’agit toutefois du double de la contribution promise dans les cinq dernières.

Une question de justice climatique

Le financement climatique est nécessaire pour aider les pays pauvres à mettre en place des plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), mais aussi à faire face aux changements climatiques, qui les affectent souvent plus durement. Pendant ce temps, « les pays développés sont responsables de la majorité des émissions de carbone […] et ont généralement une plus grande capacité d’offrir du soutien », rappelle le WRI.

« Il faut lutter non seulement contre le réchauffement climatique, mais aussi contre l’injustice climatique. »

Catherine Caron, Oxfam-Québec

Alors que se tient actuellement la COP26 à Glasgow, les nouveaux plans de réduction des GES des pays participants sont encore largement insuffisants. Or, les plans déposés par les pays en voie de développement comportent plusieurs engagements conditionnels, qui dépendent du soutien provenant des pays développés. Ces engagements pourraient diminuer sensiblement les émissions mondiales de GES.

« On ne peut pas demander aux pays pauvres d’intensifier leurs efforts avant même d’avoir mis l’argent sur la table. »

Catherine Caron

L’un des grands objectifs de la COP26 est de préciser le fonctionnement du financement climatique pour s’assurer de respecter les engagements. Pour Catherine Caron, les pays participants doivent impérativement établir des normes plus strictes de redevabilité et de transparence.

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