Après avoir analysé un rapport du Bureau des enquêtes indépendantes, le Directeur des poursuites criminelles et pénales conclut que l’usage de la force par des policiers lors d’une arrestation ayant mené à la mort d’un Montréalais ne constitue pas une infraction criminelle.
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé cette semaine qu’il ne constatait pas d’infractions criminelles dans les agissements des policiers ayant mené à la mort d’Abisay Cruz, et qu’il ne déposerait en ce sens aucune accusation contre ces individus.
Le 30 mars 2025, trois policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont plaqué au sol Abisay Cruz sur le balcon d’un immeuble résidentiel dans le nord de Montréal, sous les yeux de voisins qui ont relayé les images sur les réseaux sociaux. Celles-ci montraient le jeune homme menotté, à plat ventre, le genou d’un policier pressé dans son dos.
L’homme de 29 ans est décédé par la suite d’un arrêt cardiaque en chemin vers l’hôpital.
C’était l’une des trois personnes tuées dans le cadre d’interventions policières au Québec durant la fin de semaine du 29 et 30 mars 2025.
Comme c’est toujours le cas lorsqu’une personne meurt aux mains des policiers, le Bureau des Enquêtes indépendantes (BEI) s’est saisi du dossier et a mené une enquête sur les évènements et déposé un dossier devant le DPCP.
C’est cette institution indépendante et apolitique qui a la responsabilité de déposer des accusations, ou non, au nom de l’État québécois lorsque des crimes et des infractions sont commis sur le territoire de la province. Mais depuis sa création en 2013, aucune enquête du BEI sur des décès causés par des policiers n’a mené à des accusations par le DPCP.
Cette dernière décision fait échos à plusieurs autres dossiers où des interventions policières sont directement reliées à la mort de citoyen·nes dans les dernières années.