Mathieu Bock-Côté a un blanc de mémoire

Francis Dupuis-Déri Chroniqueur · Pivot
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Mathieu Bock-Côté a un blanc de mémoire

Le polémiste manque de crédibilité quand il tente de se distancer du racisme qu’il ne cesse d’attiser.

« Je me souviens du Québec blanc », pouvait-on lire sur la bannière tenue par une vingtaine de nazis dans un parc de Shawinigan. La photo a beaucoup circulé, les médias en ont abondamment parlé et les politiciens ont dénoncé cette action de visibilité. Elle rappelle celles des groupes comme Atalante et Nouvelle alliance, qui prennent en photo leurs bannières xénophobes pour attirer l’attention en palliant leur très faible capacité de recrutement.

Le polémiste québécois immigré en France, Mathieu Bock-Côté, a réagi par une chronique dans le Journal de Montréal : « Québec blanc, une polémique débile ». Dans son analyse cousue de fil blanc, il attribue ce geste d’éclat à « 19 bozos sortis d’on ne sait où », évoquant même la possibilité d’agents provocateurs voulant « faire passer les Québécois pour racistes. » Or Mathieu Bock-Côté intervient plusieurs jours après que bien des médias aient attribué l’action au Frontenac Active Club et à son fondateur à Montréal.

Ce blanc-bec avait fièrement participé au rassemblement d’extrême-droite Unite the Right à Charlottesville, aux États-Unis, en 2017. Les participants y avaient scandé des slogans antisémites lors d’une marche aux flambeaux (« Les juifs ne nous remplaceront pas! »), attaqué physiquement la contre-manifestation anti-raciste finalement percutée par une voiture qui a tué une militante. Le journal La Presse avait alors rapporté que même le groupe québécois La Meute avait exclu ce nazi québécois de ses rangs, mal à l’aise qu’il se revendique du « suprémacisme blanc ».

 Quelques clics suffisent aussi pour retrouver des reportages sur le réseau des Active Clubs, présentés dans Le Journal de Montréal – où écrit Mathieu Bock-Côté – comme des « groupes d’entraînement physique et de sports de combat mettant de l’avant leur idéologie nationaliste et suprémaciste blanche. »  

Même s’il est apparemment « interdit » de nommer le « racisme anti-blanc », on ne s’en prive pas chez Québecor.

Alors que des nazis passaient à l’action à Shawinigan, une salle privée avait été louée à Trois-Rivières par la communauté musulmane pour y fêter l’Aïd. Le journal La Presse a rapporté que des internautes se sont déchainés : « On ferme les barrières et on met le feu? », « Crisser moi le feu là-dedans câlisse », « Faudrait un Bissonnette », du nom du jeune homme – blanc – qui avait tué six musulmans priant à la Mosquée de Québec, en 2017. Le maire de Trois-Rivières s’en est offusqué

De tout cela, Mathieu Bock-Côté ne dit rien, préférant soutenir que « le Québec ne s’est jamais, à travers son histoire, défini sur le mode racial – si tel avait été le cas, les Canadiens français et les Canadiens anglais se seraient fondus dans un même peuple […]. Ce n’est pas le cas. Nos peuples avaient la même couleur de peau, mais pas la même langue, pas la même religion, pas la même culture. La race n’était pas le marqueur identitaire nous définissant. » Selon lui, l’infâme bannière de Shawinigan servira de prétexte aux « multiculturalistes » pour pratiquer « l’intimidation médiatique et de la terreur morale », rien de moins.

Et il conclut, en écho à son complice Richard Martineau et à bien d’autres, qu’il fallait s’attendre à ce que le « multiculturalisme » provoque de telles bannières infâmes, puisqu’à force de célébrer « les Noirs, les Asiatiques, les Arabes, avec des galas, des cérémonies », il y aurait « inévitablement, un jour […] des “Blancs” pour dire : pourquoi la fierté ethnique ou raciale nous serait-elle interdite? » Des Blancs comme Mathieu Bock-Côté…

Je me souviens d’un Bock-Côté blanc

S’il précise que « cette bannière est condamnable », Mathieu Bock-Côté semble victime d’un blanc de mémoire, puisqu’il oublie ses nombreuses interventions pour défendre les Blancs. Pour la France, on se rappellera de ses titres « Racisme anti-Blancs, le déni » « Oser parler du racisme antiblanc », « Le racisme anti-blancs est le seul que l’on s’interdit de nommer » (, « Racisme anti blanc : “Si vous nommez le réel, vous serez extrême-droitisés” », « Quand le racisme antiblanc tue ». « Jean-Luc Mélenchon : un racisme anti-blanc assumé? » 

            Certes, c’est la France blanche qu’il défend, et non le Québec blanc. Mais on peut aussi se rappeler des titres de ses interventions au Québec : « Le racisme antiblanc est-il un humanisme? », « Le racisme décomplexé qui vise les hommes blancs », « Pourquoi est-il permis de mépriser les “Blancs”? », « Le racisme antiblanc, toléré au Québec », « Montréal, ville raciste anti-blancs! ». À l’émission de Richard Martineau sur Qub radio, Mathieu Bock-Côté avançait encore que le « Racisme antiblanc, c’est une haine publiquement subventionnée par le diffuseur public fédéral ».

Et si on ne fait pas référence aux « Blancs » dans les titres des chroniques « Il faut oser parler de racisme antiquébécois » et « Discrimination négative contre les Québécois dans les CPE », Mathieu Bock-Côté s’y inquiète tout de même d’un « racisme antiblanc, qui est un racisme autorisé », précisant qu’« [i] l existe effectivement un racisme d’État au Québec et plus encore au Canada. Mais c’est un racisme qu’il est interdit de nommer. Il s’agit du racisme antiblanc. »

Bien des bozos de Québecor, dont Mathieu Bock-Côté, préfèrent rendre responsables du suprémacisme blanc les multiculturalistes, et même les antifascistes, plutôt que de rappeler toutes leurs interventions publiques pour défendre les Blancs.

Même s’il est apparemment « interdit » de nommer le « racisme anti-blanc », on ne s’en prive pas chez Québecor. Le commentateur Rémi Villemure déplorait ainsi à l’émission de Richard Martineau que « le seul racisme acceptable, c’est le racisme anti-blanc et anti-québécois », la polémiste Sophie Durocher épinglait le « racisme anti-blanc » qui sévit selon elle à Radio-Canada, Benoît Dutrizac déclarait, en onde avec Mario Dumont, qu’« on ne peut pas tolérer cette espèce de racisme anti-blanc! ».   Enfin, on se souviendra du coup de génie de Joseph Facal qui avait poussé l’audace jusqu’à s’inventer un ami noir imaginaire, qui lui aurait adressé un message pour déplorer « ce silence sur le racisme antiblanc ».

Bref, bien des bozos de Québecor, dont Mathieu Bock-Côté, préfèrent rendre responsables du suprémacisme blanc les multiculturalistes, et même les antifascistes, plutôt que de rappeler toutes leurs interventions publiques pour défendre les Blancs.

Bel exemple d’un mensonge blanc…

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