Bientôt une grève générale illimitée au Québec : qu’est-ce que ça veut dire?

Le Québec pourrait bientôt être le théâtre de la plus grosse grève de toute son histoire.

Oona Barrett Vidéojournaliste · Pivot
Béatrice Vallières Journaliste indépendante
Partager

La tension monte entre le gouvernement du Québec et les syndicats des services publics, qui ont tenu lundi dernier une première journée de grève en réponse à la plus récente offre salariale du gouvernement. À moins d’une volte-face de la CAQ, il se pourrait qu’on se dirige maintenant vers une grève aux proportions historiques.

 Au cours des dernières semaines, les travailleur·euses membre du Front commun intersyndical ont voté à 95 % en faveur d’un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée. Des syndicats ne faisant pas partie de la coalition ont également adopté des mandats similaires : la FAE, qui regroupe 65 000 enseignant·es au primaire et au secondaire, prévoit lancer une grève illimitée à compter du 23 novembre, et la FIQ, qui rassemble 80 000 infirmières, a annoncé 4 jours de grève ce mois-ci et envisage aussi une grève illimitée.

Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire pour les prochaines semaines? Le Front commun va continuer à tenir des journées de grève ponctuelles pour augmenter la pression sur le gouvernement. Si les parties ne parviennent pas à une entente, les syndicats pourraient décider de déclencher une grève générale illimitée, c’est-à-dire l’arrêt de tout travail par leurs 420 000 membres pour une durée indéterminée. Si cette grève devait se concrétiser, en comptant les syndiqués de la FAE, du Front commun et de la FIQ, c’est plus de 500 000 travailleur·euses, soit près de 13 % de la main-d’œuvre québécoise totale, qui pourraient se retrouver en grève dans les hôpitaux, écoles et services de garde à travers la province.

La dernière fois que le Québec a vu une grève d’une telle ampleur dans les services publics, c’était en avril 1972 lors de la formation du tout premier Front commun syndical. La coalition regroupait alors trois syndicats représentant un peu plus de 210 000 employé·es, principalement dans les secteurs de l’éducation et des services sociaux. Les négociations avaient donné lieu à une grève générale ayant duré dix jours, qui avait culminé avec l’adoption d’une loi spéciale forçant le retour au travail et l’emprisonnement des trois leaders syndicaux.

Même si les syndicats laissent planer cette possibilité, il n’est pas certain qu’on se rende à la grève générale illimitée. Les discussions entre les syndicats du secteur public et le gouvernement doivent continuer au cours des prochaines semaines. Les parties impliquées espèrent arriver à une entente d’ici à la fin de l’année.

Avec des informations de Francis Hébert-Bernier

Récents articles

Voir tous