Édifice Jacques-Parizeau, bureaux de la CDPQ à Montréal | Photo : Alex Tungsten (CC BY-SA 4.0)

Les placements de la Caisse de dépôt vont générer de plus en plus de GES

Les émissions de gaz à effet de serre liées aux investissements de la CDPQ sont vouées à augmenter, malgré ses efforts de verdissement de son portefeuille.

L’empreinte carbone du portefeuille d’investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) sera en augmentation constante d’ici 2030, selon les calculs de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Cette hausse vient relativiser le discours de la Caisse, qui se présente elle-même comme une leader de l’investissement responsable.

La « stratégie d’investissement face au défi climatique » de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) mènera à une augmentation substantielle de son empreinte carbone d’ici 2030, selon l’IRIS.

Le nouveau calcul de l’Institut reprend les données du bilan des émissions de la CDPQ, tout en tenant compte de la croissance estimée de son portefeuille d’investissement dans les prochaines années. 

La Caisse compte diminuer l’impact de chaque dollar investi dans son portefeuille, reconnait le chercheur associé à l’IRIS Colin Pratte. Toutefois, puisque la somme de ses investissements est en constante croissance, le total des gaz à effets de serre (GES) attribuable à la CDPQ continuera à grimper dans les prochaines années, remarque-t-il.

En 2017, le portefeuille de placements de la Caisse générait 79 tonnes de GES par million $ investi, selon les estimations de la CDPQ. Elle s’est donné comme objectif de réduire cette valeur à 32 tonnes par million $ d’ici 2030. Or, au total, les émissions de son portefeuille devraient malgré tout grimper de 34 % durant la même période, passant de 21 à 28 mégatonnes, précise Colin Pratte.

À titre comparatif,  les émissions de GES du Québec s’élevaient à 84 mégatonnes en 2019 selon les données du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

« Nous voyons que la trajectoire d’émission de la CDPQ l’éloigne de son objectif d’avoir un portefeuille net-zéro carbone d’ici 2050 », observe Colin Pratte.

Des chiffres qui masquent la réalité

En adoptant des objectifs de réduction des GES relatifs plutôt qu’absolus, la CDPQ utiliserait une stratégie de communication trompeuse, qui la fait paraitre comme une championne des investissements verts alors que la réalité est tout autre, dénonce le sociologue. « Elle vante des exploits qui n’en sont pas et induit le public en erreur, c’est malheureux. Nous serions plutôt en droit de nous attendre à une communication franche de la part de la Caisse », remarque-t-il.

Selon le chercheur, la Caisse devrait tout simplement reconnaitre que la décarbonation de l’économie mondiale est insuffisante pour qu’elle puisse réellement verdir ses placements.

Il considère qu’en présentant ses émissions de manière avantageuse, la Caisse passe sous silence une question importante : « Est-ce qu’un modèle économique basé sur la croissance peut être compatible avec la lutte aux changements climatiques ? » soulève le chercheur.

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