Lundi à Montréal, Toronto et Vancouver, des manifestant·es ont occupé les bureaux de la compagnie ZIM, l’une des plus importantes sociétés de transport maritime d’Israël, accusée de soutenir les opérations militaires à Gaza en participant au transport d’armement. D’autres actions ont eu lieu aujourd’hui dans le cadre d’une journée de grève mondiale en soutien au peuple palestinien.
« Il faut cibler la vente d’armes parce qu’au bout du compte, pour chaque personne qui meurt, c’est une autre arme achetée qui participe à plus de massacre », exprime la coordinatrice de Montréal pour un monde sans guerre, Cym Gomery.
Plusieurs actions simultanées organisées par le Mouvement de la jeunesse palestinienne et par Un monde sans guerre ont eu lieu dans de grandes villes portuaires du Canada comme Montréal, Toronto et Vancouver afin de dénoncer les actions de la compagnie maritime ZIM. Les manifestant·es sont entré·es à l’intérieur de l’édifice où se trouvent les bureaux de ZIM, où iels sont resté·es pacifiques et ont procédé à un die-in.

L’entreprise, qui a déclaré le mois dernier qu’elle mettrait ses navires et ses infrastructures au service des « besoins nationaux d’Israël », est accusée de soutenir les opérations militaires effectuées par Israël. « La compagnie transporte les armes qui sont utilisées couramment contre la population de Gaza. ZIM exploite les chemins de fer et les ports canadiens pour alimenter la machine de guerre israélienne », expose Sarah, porte-parole du Mouvement de la jeunesse palestinienne.
Dans le cadre de la campagne « Stop Arming Israel », le mouvement citoyen Un monde sans guerre a exposé plusieurs compagnies de fabrication ou de transport d’armes actives au Canada qui participent aux frappes d’Israël à Gaza. « Ce n’est pas acceptable pour une compagnie qui facilite le génocide de faire des affaires quotidiennes ici au Canada », dénonce Cym Gomery.
Le Canada exportait 21 millions $ de matériel militaire vers Israël en 2022, selon le dernier rapport d’Affaires mondiales Canada sur les exportations de marchandises militaires.
Appel à une grève mondiale
Lundi, des organisations et des journalistes basés en Palestine ont appelé à un jour de grève mondiale en soutien à la Palestine.
La Cisjordanie occupée, la Jordanie, le Liban se sont exécutés et ont mis une partie des transports publics à l’arrêt. Les écoles, les magasins et les administrations ont aussi fermé.
Au Canada, différentes organisations ont aussi appelé à une grève générale afin d’organiser le plus d’actions possible pour exiger un cessez-le-feu, un appel qui a été mis en œuvre par des citoyen·nes. Certains magasins ont par exemple fermé leurs portes aujourd’hui.
« Si on décide collectivement de ne pas aller au travail, de piqueter, de faire des actions, de joindre des mobilisations, ça montre notre pouvoir et le fait que les représentants n’agissent pas en fonction des demandes des citoyen·nes », lance Sarah.
Plusieurs compagnies dénoncées
Après avoir occupé les bureaux de ZIM à Montréal, les manifestant·es se sont rendu·es dans la librairie Indigo pour continuer le piquetage des entreprises accusées de soutenir le massacre à Gaza.
En effet, Indigo a été la cible de plusieurs piquetages depuis le début de l’escalade du conflit. La fondatrice d’Indigo, Heather Reisman, est notamment critiquée parce qu’elle soutient un programme qui offre des frais de scolarité gratuits aux soldats qui servent dans les forces de défense israéliennes.
Les manifestant·es se sont ensuite dirigé·es au magasin de vêtements Zara du centre-ville de Montréal. Iels sont entré·es dans le magasin en criant : « pendant que vous magasinez, les bombes continuent de tomber ».
La compagnie de fast fashion a été au centre d’une polémique récemment. Dans certaines photos d’une campagne de publicité lancée le 7 décembre dernier, on voit la mannequin Kristen McMenamy tenir sur son épaule un pantin pouvant s’apparenter à un cadavre enveloppé d’un drap blanc. Même si la marque s’est défendue en expliquant que les photos avaient été prises avant le 7 octobre dernier, beaucoup ont critiqué le décor des photos, pouvant pour certain·nes rappeler les bombardements sur Gaza. Depuis, la pub a été retirée.