« Nous nous adressons au reste du monde parce que le Canada ne nous écoute pas »
La nation Wet’suwet’en dénonce à l’international les violations de droits de la personne que ses membres subissent pour permettre la construction d’un gazoduc.
« Nous nous adressons au reste du monde parce que le Canada ne nous écoute pas »
La nation Wet’suwet’en dénonce à l’international les violations de droits de la personne que ses membres subissent pour permettre la construction d’un gazoduc.
Les représentant·es de la nation Wet’suwet’en ont témoigné devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme pour dénoncer la répression policière et le non-respect de leur structure de gouvernance ancestrale par le Canada.
Le 10 juillet dernier, des représentant·es de la nation Wet’suwet’en, accompagné·es par Amnistie internationale Canada, se sont adressé à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) lors d’une audience publique pour dénoncer les agissements des gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique dans le dossier du gazoduc Costal Gaslink.
« On cherche à mettre en évidence que le Canada ne respecte pas les droits des Wet’suwet’en », explique Colette Lelièvre, responsable des campagnes chez Amnistie internationale Canada. Une démarche qui pourrait permettre de relancer sur de nouvelles bases les discussions entre la nation autochtone et le gouvernement canadien, espère-t-elle.
De plus, se saisir de cet organisme qui possède une certaine expertise dans les conflits mettant en cause les droits autochtones peut susciter de la solidarité internationale pour la cause des personnes qui défendent le territoire Wet’suwet’en, ajoute-t-elle.
« Nous nous adressons au reste du monde parce que le Canada ne nous écoute pas », résume le chef Na’moksm, un des chefs héréditaires Wet’suwet’en.
Une surveillance policière constante
Sleydo’, cheffe adjointe de la Maison Cas Yikh du Clan Gidimt’en, de la Nation Wet’suwet’en a notamment dénoncé les violences que sa communauté et elle ont subies aux mains de la police et des agences de sécurité privée qui protègent le site de la construction du gazoduc. « Exercer nos droits est perçu comme une menace et une situation d’urgence plutôt qu’un dossier politique. Plutôt que de négocier, on nous envoie une unité policière militarisée », dénonce-t-elle.
Cette unité, c’est le Groupe d’intervention pour la sécurité de la communauté et de l’industrie de la GRC, qui a mené plusieurs raids dans les communautés qui s’opposent au gazoduc. « Avec ces interventions on criminalise les protestataires qui doivent vivre constamment avec de la violence, de l’intimidation et du harcèlement », rappelle Colette Lelièvre.
En effet, en plus des arrestations et des interventions musclées visant à les repousser du territoire choisi pour la construction du gazoduc, les forces policières surveillent constamment les communautés Wet’suwet’en, selon ses représentant·es.
« Il semble évident que le Canada soit bien en deçà des standards en matière de respect des droits autochtones »
Le commissaire Carlos Bernal Pulido
« Notre communauté est maintenant entourée de caméras de sécurité et de clôtures et est sous surveillance 24 heures sur 24, dénonce Sleydo’. Nous ne pouvons plus être en sécurité dans nos maisons. »
Une situation qui est extrêmement anxiogène et qui affecte la santé mentale de personnes qui cherchent seulement à faire reconnaitre leurs droits et à défendre leur territoire, remarque Colette Lelièvre.
Pas de consentement libre et éclairé
Les représentant·es Wet’suwet’en reprochent aussi au gouvernement d’avoir donné son aval au projet de gazoduc sans avoir consulté préalablement ses chefs héréditaires, considéré·es comme les seul·es personnes ayant l’autorité de prendre une telle décision selon leur mode de gouvernance. Une autorité qui leur a d’ailleurs été reconnue par la Cour suprême du Canada.
« Si tu ne parles pas aux bonnes personnes, comment peut-on appeler ça une consultation ? s’interroge le chef Na’moksm. Le conseil de bande qui a accepté le projet est une institution créée par une puissance coloniale pour nous enlever de nos terres, comment voulez-vous qu’elle soit légitime ? »
Il a aussi rappelé à la commission que défendre leur territoire ancestral et la nature en bloquant ce projet d’exploitation des énergies fossiles était non seulement un devoir moral, mais aussi une obligation légale par rapport aux lois et aux coutumes de la nation We’suwet’en.
Le Canada sans réponses
L’ambassadeur du Canada à l’Organisation des États américains Hugh Adsett a défendu le point de vue du gouvernement canadien durant l’audience. Il a surtout rappelé que le Canada était un état de droit, que la constitution du pays reconnaissait le droit de manifester et que certains groupes autochtones allaient pouvoir profiter du projet Costal Gaslink.
Une réponse qui a été jugée grandement incomplète par les commissaires. La secrétaire générale de la CIDH Margarette May Macaulay s’est d’ailleurs dite concernée que le Canada n’ait pas fourni de réponses précises face aux « très graves allégations de non-respect de droits humains » exposés par les représentant·es Wet’suwet’en.Son collègue, le commissaire Carlos Bernal Pulido est allé plus loin : « Il semble évident que le Canada soit bien en deçà des standards en matière de respect des droits autochtones », a-t-il remarqué.
L’organisme demandera donc officiellement au cours des prochaines semaines au gouvernement canadien d’expliquer sa conduite avant de continuer son examen de la situation.
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