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Un cadeau de Noël pour les agences privées de placement en santé

D’un côté, le ministre de la Santé dit vouloir encadrer le recours aux agences privées pour fournir du personnel au réseau de la santé, de l’autre, son gouvernement lance un important appel d’offres à leur intention.

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Cette semaine, le ministre de la Santé, Christian Dubé, annonçait qu’il songeait à déposer un projet de loi pour encadrer le recours aux agences privées de placement en santé. Paradoxalement, le Centre d’acquisition gouvernemental publiait le 19 décembre un appel d’offres important pour du placement de personnel venant d’agences privées.

Les documents publiés au Système électronique d’appels d’offres du gouvernement du Québec montrent que le réseau de la santé cherche à combler 8,6 millions d’heures de travail sur une période de six mois, renouvelable trois fois. Selon les documents consultés par Pivot, ces contrats devraient débuter autour du 1er mars.

Il est précisé qu’il ne s’agit pas d’un engagement définitif. Les établissements peuvent « augmenter, diminuer et même cesser [leur] recours à la main-d’œuvre indépendante ». Les heures « identifiées à des fins de soumissions représentent des approximations et ont été estimées de bonne foi », peut-on lire dans le document des devis qui accompagne l’appel d’offres.

En tête du palmarès se trouve le CISSS de la Montérégie-Ouest, qui estime avoir besoin d’un million d’heures en main-d’œuvre indépendante. Le CISSS des Laurentides suit de près avec des besoins estimés de 950 000 heures.

Les postes d’infirmières représentent le plus gros des besoins estimés. Ensuite, les besoins estimés pour les préposé·es aux bénéficiaires représentent près de 40 % des heures.

Dans le réseau de la santé, on appelle « main-d’œuvre indépendante » (MOI) le personnel qui n’est pas employé par l’établissement. Ce personnel est habituellement fourni par des agences privées de placement, mais dans certains cas, il peut s’agir de personnes qui travaillent à forfait pour leur propre compte.

L’encadrement des agences privées de placement de personnel, envisagé par le ministre Dubé, viserait à freiner l’exode des infirmières vers celles-ci. En effet, ces agences offrent habituellement un taux horaire avantageux et surtout un meilleur contrôle sur les horaires et les congés que ce à quoi on droit les employées du système public.

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