Capture d'écran du discours du Trône, 23 novembre 2021
Nouvelle

Discours du Trône : rien sur une réforme de l’assurance-emploi

De nombreuses personnes se retrouvent pourtant sans filet avec la fin des prestations d’urgence.

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On ne trouvait aucune mention d’une réforme de l’assurance-emploi dans le discours du Trône, prononcé mardi après-midi à la Chambre des communes, à Ottawa. La refonte de l’aide aux travailleurs et travailleuses au chômage faisait pourtant partie des promesses du Parti libéral lors de la dernière campagne électorale.

Le discours du Trône indiquait seulement qu’avec la fin des mesures d’urgence, le gouvernement Trudeau compte « faire la transition vers un soutien plus ciblé, tout en assurant une gestion plus prudente des dépenses ».

Ce silence inquiète Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC). « Ça n’a même pas fait l’objet d’une mini-phrase », remarque-t-il en entrevue.

« On aurait aimé avoir un signal clair. Ça aurait rassuré bien du monde », souligne-t-il.

Il évoque les gens qui sont exclus de l’assurance-emploi actuelle et qui se retrouvent sans filet avec la fin de la Prestation canadienne de relance économique (PCRE). « Il n’y a plus rien pour eux. »

La PCRE n’existe plus depuis le 24 octobre dernier. Le gouvernement libéral a déjà annoncé son intention de la remplacer par des mesures plus limitées, en particulier une prestation en cas de reconfinement régional. Le gouvernement Trudeau prévoit toutefois bonifier et maintenir le soutien aux employeurs, sous la forme du Programme d’embauche pour la relance économique.

« Il va y avoir de nouvelles crises », lance Pierre Céré, qui voit dans les inondations en Colombie-Britannique un exemple de la menace posée par les changements climatiques. « Ça prend un filet social capable de faire face à ça », insiste le porte-parole. Sinon, craint-il, « il faudra encore improviser » pour soutenir les personnes qui perdent leur emploi lors de bouleversements.

Dans tous les cas, cela fait longtemps qu’il faut revoir le programme d’assurance-emploi, pour « l’adapter au 21e siècle », explique Pierre Céré.

Le CNC demande en premier lieu d’inclure les travailleur.euses autonomes, qui représentent environ 15% de la population active, mais sont sans protection en cas de chômage. D’autres personnes plus précaires doivent aussi être mieux protégées, selon l’organisme. C’est le cas des personnes travaillant à temps partiel ou de manière saisonnière, ou encore des membres des communautés autochtones.

Pour le CNC, il faudrait aussi simplifier le programme en instaurant des règles universelles et en offrant des prestations plus généreuses et plus longues à l’ensemble des gens.

« Le programme est très complexe, trop complexe… inutilement complexe », soupire Pierre Céré. « On pourrait simplifier la vie de tout le monde. »

Le Canada est par exemple le seul pays au monde où l’aide en cas de chômage varie selon les régions.

« Le gouvernement sait ce qu’il doit faire, il n’y a rien de bien sorcier », insiste Pierre Céré. « Qu’est-ce qui fait que ça ne bouge pas? »