Mamadou KonatéMamadou Konaté

Un « ange gardien » réfugié est menacé d’expulsion imminente

Le programme d’immigration québécois destiné aux anges gardiens est « discriminatoire », selon Amnistie internationale.

Si les gouvernements n’interviennent pas, Mamadou Konaté sera renvoyé de force en Côte d’Ivoire dès le vendredi 19 novembre, même s’il a travaillé en CHSLD lors de la première vague de la pandémie.

Le gouvernement du Québec, avec le soutien du fédéral, a pourtant mis en place un programme spécial pour offrir un statut permanent aux personnes demandeuses d’asile s’étant engagées dans le système de santé durant la pandémie. Mais ce programme vise uniquement les personnes ayant travaillé directement auprès des patients, à certains moments précis lors de la première vague. C’est le gouvernement Legault qui avait insisté pour réduire la portée des mesures spéciales.

Mamadou Konaté, lui, a œuvré à l’entretien ménager en CHSLD, nettoyant notamment les chambres de personnes infectées à la COVID-19. Il a contracté la maladie au printemps 2020, puis est retourné au travail dès qu’il a été rétabli. Il est malgré tout exclu du programme spécial.

Selon Zaida Marquez, d’Amnistie internationale, ce programme est « très restrictif, très limité, et même discriminatoire » envers toutes les personnes qui « ont risqué leur vie » dans le système de santé dans différents emplois de soutien. Elle critique que le Québec et le Canada profitent grandement du travail des réfugiés, mais se permettent de les rejeter aussi facilement. « C’est honteux pour les gouvernements », juge-t-elle.

« Les réfugiés sont bons pour travailler, mais ils ne sont pas bons pour rester! »

Zaida Marquez, d’Amnistie internationale

Mamadou Konaté vit au Canada depuis 2016. Il fuyait la Côte d’Ivoire, déchirée depuis des années par des troubles violents. Le réfugié est convaincu qu’il serait en danger s’il devait y retourner.

La demande d’asile de Mamadou Konaté a été rejetée par le Canada parce qu’il aurait appartenu à un groupe rebelle durant la guerre civile en Côte d’Ivoire, au début des années 2000. Il avait une vingtaine d’années à l’époque et n’aurait jamais pris part aux activités du groupe ni posé de gestes criminels, selon Amnistie internationale.

L’organisme a lancé une pétition pour presser le gouvernement canadien d’annuler la déportation de Mamadou Konaté et de lui accorder un statut régulier. Au niveau provincial, Québec solidaire demande au ministre québécois du Travail, Jean Boulet, d’accorder un certificat de sélection à Mamadou Konaté et de faire pression sur le fédéral pour que l’homme demeure au pays.

« Si on veut aider Mamadou Konaté et les réfugiés sans statut, on peut le faire. »

Zaida Marquez

Amnistie internationale plaide aussi pour un élargissement des programmes spéciaux destinés aux « anges gardiens » demandeurs d’asile.

Mise à jour : La Cour fédérale a suspendu mercredi après-midi la procédure de déportation de Mamadou Konaté, rapporte Amnistie Internationale. Il ne sera donc pas expulsé du pays vendredi, mais la suite des choses demeure incertaine.

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