Scène de déménagement à Parc-Extension, 1er juillet 2021 | Marie Sébire

Aucun des grands partis montréalais n’est à la hauteur de la crise du logement, selon le FRAPRU

Les promesses de Denis Coderre sont jugées encore plus décevantes que celles de Valérie Plante et Balarama Holness.

Les propositions des trois grands partis montréalais en matière de logement sont insuffisantes, tranche le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). L’organisme a publié jeudi son « bulletin de fin de campagne », dans lequel il accorde des notes à chacun des trois principaux partis pour leurs engagements électoraux.

Projet Montréal et Mouvement Montréal obtiennent tous deux la note de B-. Selon le FRAPRU, le parti de Valérie Plante offre des propositions bien chiffrées, mais trop modérées, tandis que le parti de Balarama Holness se montre plus ambitieux, mais avec une plateforme souvent floue.

Ensemble Montréal obtient la note de C-. Le parti de Denis Coderre favorise trop les propriétaires et les promoteurs privés, ce qui risque d’aggraver la crise du logement plutôt que de la résoudre, estime le FRAPRU.

Logement social et abordable

Pour loger les moins nantis, Projet Montréal veut construire 60 000 logements abordables d’ici dix ans, dont au moins 8 000 logements sociaux durant un premier mandat.

Or, il faudrait plutôt 22 500 nouveaux logements sociaux d’ici cinq ans, selon les chiffres avancés plus tôt en campagne par une coalition d’organismes du milieu du logement. Le logement social (c’est-à-dire public, coopératif ou sans but lucratif) constitue selon le FRAPRU la seule forme de logement vraiment abordable à court et long terme, puisqu’il échappe au marché privé et à la spéculation.

Mouvement Montréal promet de son côté 30 000 logements abordables, dont 24 000 logements sociaux, mais sans préciser les délais visés.

Ensemble Montréal promet 50 000 nouvelles habitations en un mandat, dont 10 000 logements sociaux et uniquement 6 000 unités abordables. En effet, le parti espère principalement faire baisser les prix en augmentant l’offre sur le marché. Catherine Lussier, responsable des dossiers montréalais au FRAPRU, critique cette stratégie en soulignant que la crise du logement n’est pas provoquée par un manque d’offre, mais par une flambée des prix des loyers.

« Ce qui se construit et se loue en ce moment est hors de prix pour une grande proportion de locataires montréalais. »

Catherine Lussier

Par ailleurs, tandis que Projet Montréal promet d’investir davantage pour permettre à la Ville d’acheter des terrains où construire des logements sociaux, Ensemble Montréal parle de confier des terrains municipaux non utilisés aux promoteurs privés afin de stimuler la construction.

Registre des loyers

Les organismes du milieu demandent un registre universel et obligatoire des loyers afin de limiter les hausses brusques des loyers entre deux locations. Les engagements des trois partis à ce sujet sont jugés insatisfaisants par le FRAPRU.

Le parti de Denis Coderre veut un registre strictement volontaire, où il reviendrait aux locataires qui le souhaitent d’indiquer le prix de leur loyer. Du côté de l’équipe Plante, on veut un registre obligatoire pour les propriétaires, mais uniquement pour les immeubles de plus de huit logements.

« Tous les logements sont concernés par les hausses de loyer abusives, particulièrement les logements familiaux qui se retrouvent souvent dans des duplex et des triplex. »

Catherine Lussier

Mouvement Montréal promet un registre obligatoire, mais n’élabore pas davantage.

Enfin, le FRAPRU déplore dans son bulletin qu’aucun des trois grands partis n’ait pris d’engagements forts pour prévenir les « rénovictions » et autres évictions illégales.

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