Éviction à Parc ExtensionUn immeuble du quartier Parc-Extension à Montréal, dont les locataires ont été «rénovincé.es». Marie Sébire

Le parti de Coderre s’oppose à un registre obligatoire des loyers

La proposition d’un registre volontaire semble contredire les annonces précédentes de Denis Coderre.

Ensemble Montréal, le parti dirigé par Denis Coderre, ne veut pas d’un registre obligatoire des loyers. Le parti propose plutôt de créer une plateforme numérique où les locataires pourraient enregistrer le prix de leur loyer sur une base strictement volontaire.

C’est ce qu’a révélé mardi Karine Boivin Roy, conseillère élue sous la bannière d’Ensemble Montréal. Elle participait à un débat organisé par un regroupement d’organismes en habitation, lors duquel des porte-paroles des trois principaux partis en compétition à Montréal confrontaient leurs visions en matière de logement.

« Le chat sort du sac », a aussitôt réagi sur Twitter le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). L’organisme juge que la mesure dévoilée n’est pas à la hauteur du « registre de tous les baux » qu’avait fait miroiter Denis Coderre en lançant sa plateforme à la fin du mois de septembre.

« Il y a tout un monde entre ce qui avait été annoncé et ce qui a finalement été présenté hier », affirme en entrevue Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. « Ce n’est pas un engagement satisfaisant », tranche-t-elle.

« C’était donc une fausse promesse. C’est un faux registre qui ne va servir à rien », se désole quant à lui Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). « L’équipe Coderre n’a rien à proposer » pour défendre les locataires contre la hausse rapide des loyers, juge-t-il.

Le FRAPRU et le RCLALQ revendiquent un registre des loyers obligatoire, universel et public. Une telle ressource permettrait à tous les locataires qui emménagent dans un nouveau logement de connaître le prix payé par les occupants précédents, et donc d’éviter les hausses abusives de loyer, explique Véronique Laflamme.

Image extraite de la retransmission en ligne du débat.
Karine Boivin Roy (Ensemble Montréal), Balarama Holness (Mouvement Montréal) et Robert Beaudry (Projet Montréal). Image extraite de la retransmission en ligne du débat.

Pour Robert Beaudry, conseiller de Projet Montréal qui participait au débat, la mesure proposée par Ensemble Montréal est insuffisante, en plus de mettre le fardeau sur les « victimes » plutôt que sur les « responsables ».

« On parle de registre volontaire et on parle encore de mettre la responsabilité sur les locataires. »

Robert Beaudry, de Projet Montréal

Pour obtenir des résultats, croit Robert Beaudry, il faut plutôt imposer des obligations claires aux propriétaires. Projet Montréal veut un registre obligatoire des loyers pour tous les immeubles de plus de huit logements.

Toutefois, cette proposition est encore jugée « décevante » par Véronique Laflamme, puisqu’elle « exclut une partie importante des logements » et ne protège donc pas les locataires des petits immeubles. « On a l’impression que c’est une mesure électoraliste pour ne pas froisser certains électeurs frileux », critique Véronique Laflamme.

De son côté, Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal, a dit lors du débat être « pour un registre des loyers ». Il n’a toutefois pas été en mesure de détailler la nature de son plan.

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