Crise du logement : vers un avenir encore plus inquiétant

Les nouvelles données sur la crise du logement sont inquiétantes et la situation n’ira pas en s’améliorant, selon les prévisions.

Oona Barrett Vidéojournaliste · Pivot
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Les loyers ont bondi au Québec, confirment les chiffres de Statistique Canada, et une part importante des locataires doivent payer au-delà de leurs moyens pour se loger. Pendant ce temps, la place du logement social dans le parc locatif a connu un recul, une première.

Selon les déclarations des locataires québécois compilées par Statistique Canada, le loyer médian a augmenté de 13 % entre 2016 et 2021 dans la province.

Plus du quart (25,2 %) des ménages locataires consacrent plus de 30 % de leur revenu au loyer et 8,7 % des locataires mettraient même plus de la moitié de leur revenu dans leur loyer. Certains types de locataires doivent plus souvent consacrer une plus grosse part de leur revenu au logement, soit les personnes seules, les familles monoparentales, les jeunes, les personnes âgées et les femmes.

Ces données sont issues du dernier recensement de Statistique Canada réalisé en 2021. Elles ont été compilées par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) dans la huitième édition de son Dossier noir : logement et pauvreté au Québec, rendu public mardi.

Avenir inquiétant

Ces chiffres qui datent de 2021 ont été récoltés pendant une amélioration circonstancielle de la situation des locataires en raison des aides gouvernementales durant la COVID-19. Ils sous-estimeraient donc la gravité de la crise actuelle, insiste le FRAPRU.

De plus, les perspectives s’annoncent mal pour l’avenir, selon d’autres données compilées par le FRAPRU. En effet, selon les prévisions de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), la crise du logement s’aggravera.

Déjà, entre 2021 et 2022, les loyers ont encore augmenté de 9 % au Québec, d’après les chiffres de la SCHL. Au total, l’augmentation du loyer moyen au Québec au cours des cinq dernières années atteindrait 25 %.

Les loyers sont même censés augmenter d’encore 30 % à Montréal d’ici 2025, selon les prévisions de la SCHL.

Recul du logement social

Pendant ce temps, la part du logement social dans le parc locatif a reculé entre les deux derniers recensements (de 2016 à 2021), passant de 11,2 % à 10,2 %. C’est une première.

C’est pour toutes ces raisons que le FRAPRU lance la campagne Au front pour le logement social. 

« On demande au gouvernement d’augmenter ses objectifs dans son plan d’action en habitation qui est annoncé pour cet automne. On peut plus se contenter de quelques unités en logement social, budget après budget », explique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

Le FRAPRU lancera plusieurs actions prochainement afin de se faire entendre.

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