Diamond Yao Journaliste indépendante
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Depuis la semaine dernière, une canicule sévit à Montréal. Durant la journée, les Montréalais·es doivent composer avec des températures ressenties qui peuvent atteindre 39 degrés. Cette chaleur intense ne va malheureusement se dissiper qu’au début de la semaine prochaine.

Entretemps, que faire? On a consulté quelques expert·es pour vous aider à surmonter cette météo torride et à protéger vos proches les plus vulnérables.

Qui sont les plus vulnérables aux canicules? 

Selon une étude sur la canicule ayant frappé le Québec à l’été 2010, les aîné·es forment une des communautés les plus vulnérables à ce phénomène météorologique. Le taux de mortalité des plus de 75 ans était de 21,22 décès par 100 000 personnes, de loin le plus élevé de toutes les tranches d’âge.

Santé Canada explique que la vulnérabilité particulière des ainé·es est due à leur plus grand isolement social, leur sensation de soif réduite, leur plus bas niveau de conditionnement physique, ainsi que leur niveau de sudation moins élevé.

Les nourrissons sont aussi plus fragiles, puisqu’ils dépendent d’une personne soignante pour reconnaître les effets de la chaleur et que leurs petits corps se réchauffent plus rapidement que celui des gens plus âgés.

Certaines personnes avec un handicap ou une maladie chronique sont aussi plus vulnérables aux grandes chaleurs, lorsqu’elles ont une moins bonne condition physique et qu’elles prennent  certains médicaments.

Finalement, les groupes qui vivent de l’isolement social, comme les personnes à faible revenu, les itinérant·es, les personnes vivant seules ou encore les nouveaux et nouvelles arrivant·es ont aussi une vulnérabilité accrue aux canicules.

Buvez de l’eau… beaucoup d’eau

Boire de l’eau est un élément essentiel durant les grandes chaleurs, pose d’emblée la nutritionniste Charlène Blanchette de la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids). « C’est important d’en boire en tout temps, tout au long de la journée. Notre corps est composé d’eau à 60 % », explique-t-elle. « On en perd tout le temps — par l’évaporation, la sueur, l’urine — mais la canicule vient vraiment accélérer ce processus. »

La déshydratation présente des signes avant-coureurs tels que les maux de tête, la confusion, la fatigue, et l’irritation. Mme Blanchette souligne l’importance de ne pas attendre jusqu’à ce stade et de pallier au plus vite ce problème dès qu’on le remarque. « Il ne faut pas attendre d’avoir la bouche sèche ou d’avoir soif — l’idéal, c’est de boire une petite quantité d’eau très souvent, d’en faire une routine », dit-elle.

Mme Blanchette souligne qu’il est particulièrement important pour les personnes plus vulnérables à la déshydratation – telles que les enfants, les aîné·es, les personnes handicapées ou les malades chroniques – de s’hydrater régulièrement. « Il faut que leurs proches soignants portent une attention particulière à ces gens, s’assurent qu’ils ont assez d’eau et soient alertés aux premiers signes de déshydratation », insiste-t-elle.

« Les employeurs qui ont des employé·es qui travaillent à l’extérieur, un groupe vulnérable à la chaleur, doivent vraiment s’assurer que leur personnel a accès à de l’eau en tout temps. »

Selon elle, il vaut mieux prioriser l’eau et éviter les autres boissons, car elles peuvent contenir des sucres qui contribuent à des maladies chroniques. La Coalition Poids offre une foule de recettes gratuites d’eau aromatisée à faire en famille pour rendre cette boisson plus attrayante pour les enfants.

Restez au frais

Santé Canada souligne l’importance de garder son corps au frais pour éviter les coups de chaleur — la réaction biologique d’un corps surchauffé, qui vient avec des maux de tête, des nausées, des évanouissements, une déshydratation extrême et une respiration rapide.

Pour se maintenir au frais, on peut compter sur des mesures très simples comme s’habiller avec des vêtements amples et de couleurs pâles, faits avec des tissus respirants, et porter des lunettes de soleil qui offrent une protection aux rayons UVA/UVB quand on sort.

Santé Canada suggère aussi de garder sa demeure fraîche et d’éviter de sortir. Il est fortement suggéré de fermer ses rideaux, de régler son thermostat entre 22 et 26 degrés si on en a un et d’éviter de cuisiner des repas chauds.

Pour celles et ceux qui n’ont pas l’air climatisé à la maison, des bains froids, un ventilateur, et quelques sorties dans des endroits climatisés – tels que les centres commerciaux, les épiceries ou une bibliothèque près de son domicile – peuvent grandement réduire le risque de coup de chaleur. Les lieux publics avec de l’air conditionné sont particulièrement recommandés pour les gens vulnérables qui ont des ressources limitées pour se rafraîchir chez eux.

Il est donc important de porter une attention particulière à ces gens, de leur fournir l’information sur ces lieux et de les aider à s’y rendre. 

Si on doit absolument sortir, il ne faut laisser aucune personne et aucun animal de compagnie dans une voiture stationnée : en temps de canicule, la température dans la voiture peut atteindre les 50 degrés et être très dangereuse.

Il est recommandé de choisir un moment plus frais de la journée pour ses sorties et de rester à l’ombre.

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