Francis Hébert-Bernier Journaliste à l’actualité · Pivot
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L’organisme environnemental Équiterre a stationné un camion poubelle devant la boutique temporaire de la marque chinoise de mode éphémère Shein au centre-ville de Montréal, pour protester contre les façons de faire de l’entreprise.

Les passants de la rue Sainte-Catherine à Montréal ont eu la surprise de voir un camion poubelle arborant des affiches « Non à la mode jetable » s’arrêter au travers de la route vers 10 h jeudi matin. Celui-ci était venu dénoncer l’ouverture d’une boutique temporaire de l’entreprise de mode ultra-éphémère Shein qui offre normalement ses produits uniquement en ligne.

« L’ouverture de cette boutique éphémère Shein est le symbole d’une mode ultra-éphémère qui n’est pas durable. Pour nous, c’est un problème environnemental, sociétal, logistique et même sanitaire. On voulait attirer l’attention des décideurs à cet enjeu très important », confie Daniel Rotman, directeur général d’Équiterre.

Dans la foulée, l’organisme appelle le gouvernement fédéral à imposer des barrières à cette entreprise pour qu’elle ne puisse pas liquider ses produits de faible qualité à faible prix au Canada sans respecter les normes environnementales en vigueur et faire une concurrence déloyale aux entreprises d’ici qui ont de meilleures pratiques.

Rappelons que l’entreprise utilise régulièrement dans ses produits des substances chimiques interdites, comme le plomb, mettant en danger sa clientèle, mais surtout ses travailleur·euses et l’environnement autour de ses sites de production, selon un rapport de Greenpeace. L’entreprise œuvre aussi avec peu d’égards pour les droits de la personne, plusieurs de ses employé·es travaillant dans des conditions s’apparentant au travail forcé, selon plusieurs sources dont Public Eye et Bloomberg.

Shein est aussi accusée et a été condamnée pour plusieurs violations de droits d’auteurs, copiant les patrons des autres marques pour en faire des imitations de piètre qualité. Mais surtout, tout son modèle d’affaires est basé sur la production de vêtements qui ne peuvent être portés que quelques fois avant de se retrouver dans les déchets, ceux-ci n’étant pas conçus pour résister aux cycles de lavage.

« C’est certain que la surconsommation en général est un problème en raison de nos limites planétaires, mais le modèle d’ultra-fast fashion de Shein repose sur un mode de consommation jetable. […] Les vêtements, c’est fait pour être porté, pas pour être jeté; on envoie déjà 344 000 tonnes de vêtements dans nos dépotoirs chaque année au Québec », poursuit Daniel Rotman.

«  Les vêtements, c’est fait pour être porté, pas pour être jeté. »

Daniel Rotman, Équiterre

L’action est la deuxième du genre mise de l’avant par Équiterre dans les derniers mois, l’organisation ayant projeté des messages sur les immeubles de Montréal pour dénoncer les promesses brisées du gouvernement Carney face à la lutte aux changements climatiques.

L’organisme qui base normalement son action sur des analyses et de la représentation ne prétend toutefois pas vouloir changer de stratégie d’intervention, même si son directeur confie qu’il est plus que temps de ramener le discours sur les crises environnementales au-devant de la scène.

« Il faut qu’on recommence à parler des enjeux environnementaux comme étant primordiaux pour notre survie. Et pour stimuler l’action environnementale, parfois il faut dire les vraies choses », conclut le directeur d’Équiterre.

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