Léa Beaulieu-Kratchanov Journaliste d’enquête · Pivot
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En septembre 2024, à l’amorce d’élections fédérales partielles dans la circonscription de LaSalle-Émard-Verdun, des employé·es de la Ville de Montréal avaient retiré plusieurs publicités électorales installées par le groupe citoyen LEV 4 Palestine. Un geste qui constitue une violation de la Loi électorale du Canada, et pour lequel la Ville vient de conclure une entente, en marge des tribunaux.

Dans un communiqué émis la semaine dernière, la Ville de Montréal a annoncé avoir conclu une entente avec le groupe citoyen LaSalle-Émard-Verdun pour la Palestine (LEV 4 Palestine) qui avait entamé des poursuites judiciaires pour le retrait de ses affiches électorales en 2024. Les détails de l’entente conclue dans le cadre de négociations hors cour n’ont pas été rendus publics.

LEV 4 Palestine était alors enregistrée comme tierce partie dans le cadre de l’élection fédérale partielle survenue en septembre 2024 dans la circonscription montréalaise de LaSalle-Émard-Verdun, où siégeait l’ex-ministre de la Justice David Lametti. À ce titre, le regroupement citoyen avait affiché plusieurs centaines de pancartes dénonçant la complicité du gouvernement canadien dans le génocide à Gaza et demandant un embargo sur les exportations militaires en Israël.

Au Canada, ces publicités électorales sont protégées par l’article 325 de la Loi électorale. Les retirer ainsi constitue une infraction pénale passible d’amendes.

Pivot avait révélé qu’environ 450 affiches avaient été retirées par des employé-es municipaux. Certains incidents avaient même été captés par des caméras de surveillance. LEV 4 Palestine avait soutenu y voir une forme de censure à l’endroit des mouvements pro-Palestine. Dès la première journée d’affichage, les pancartes avaient attisé la critique du maire de Hampstead, Jeremy Levi, qui avait interpellé directement la mairesse Valérie Plante sur X, demandant leur retrait.

Dans un courriel, Hugo Bourgoin, relationniste à la Ville de Montréal, soutient que le retrait des pancartes est « le fruit d’une erreur » et assure que « des mesures ont été prises pour appliquer la loi électorale, notamment en rappelant les règles d’affichage applicables en période électorale aux directions de travaux publics des arrondissements. »

LEV 4 Palestine a décliné de commenter l’affaire pour le moment, affirmant attendre le retour de la Ville sur certains détails de l’entente.

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