Ne rêvez pas, vous avez bien lu les manchettes des derniers jours.
En résumé, le Canada, la France et le Royaume-Uni se sont « [fermement opposés] à l’extension des opérations militaires israéliennes à Gaza ».
Ils dénoncent aussi « le refus du gouvernement israélien d’apporter une aide humanitaire essentielle à la population civile [ce qui] est inacceptable et risque d’enfreindre le droit international humanitaire ».
Dans les derniers jours, Israël a encore accru l’intensité de ses attaques et ses bombardements contre la population civile de Gaza, faisant des centaines de morts, et le premier ministre Benyamin Netanyahou a affirmé ouvertement vouloir « prendre le contrôle de tout le territoire ».
Tout ça alors que l’armée sioniste impose un siège quasi total sur l’enclave depuis des mois et que des milliers de personnes risquent de mourir par manque de nourriture et de soins.
On s’y oppose seulement maintenant, alors que la phase finale de la solution finale des massacreurs de la Knesset se parachève à Gaza et qu’elle se transposera vraisemblablement en Cisjordanie occupée?
Les systèmes d’armes et les munitions qui ont servi à massacrer des milliers de civil·es palestinien·nes ont été en partie fournis par… le Canada, la France et le Royaume-Uni.
Un crime contre l’Humanité est en cours, sous nos yeux.
L’opinion publique, jusqu’ici généralement favorable aux politiques génocidaires israéliennes, a été soigneusement façonnée par les alliés du régime criminel de Benyamin Netanyahou au sein des grands médias, sous l’influence des lobbys sionistes. On légitime la barbarie de Tsahal avec la même conviction avec laquelle on réduit la résistance armée palestinienne au terrorisme.
Combien sommes-nous à voir à travers l’hypocrisie de cette grotesque supercherie?
Ça ne manquera pas, cela dit, de satisfaire les « gens de bien » qui peuplent l’élite progressiste occidentale, occupée à se pavaner dans des galas où dégouline une opulence vulgaire, ou encore à se pâmer devant les guenilles griffées des invité·es, sous les flashes des photographes qui me rappellent que les seuls éclats de lumière auxquels ont droit des millions de gens dans le monde sont ceux des explosions des bombes qui leur pleuvent dessus.
Où est l’espoir?
Je lis ces jours-ci le plus récent livre du sociologue et militant suisse Jean Ziegler, Où est l’espoir?, paru aux Éditions du Seuil en octobre 2024.
Un autre de ces ouvrages qui tirent la sonnette d’alarme ou qui, plutôt, ajoutent une main de plus sur la corde d’une sonnette qui retentit sans cesse depuis trop longtemps, dans l’indifférence généralisée, celle que la célèbre chanson de Pink Floyd décrit dans son titre comme un « engourdissement confortable ».
Il n’y a pas de douleur, tu t’éloignes
La fumée d’un bateau à l’horizon
Tu viens à nous seulement par vagues
Tes lèvres bougent, mais je n’entends pas ce que tu dis
Même si la chanson parle de dépression et de médication de prime abord, elle prend une tout autre signification à l’aune du militantisme politique de Roger Waters, tant contre la guerre et l’impérialisme occidental que contre le génocide du peuple palestinien.
L’opinion publique a été soigneusement façonnée par les alliés du régime criminel de Benyamin Netanyahou au sein des grands médias, sous l’influence des lobbys sionistes.
Dans son livre, Jean Ziegler explique notamment que le problème de l’accès à la nourriture en est moins un de production insuffisante que de manque de moyens financiers. En d’autres termes, on produit suffisamment de nourriture pour nourrir la planète, mais elle coûte trop cher pour des centaines de millions d’êtres humains.
Et à Gaza, l’occupant interdit tout simplement l’entrée des denrées, créant ainsi une famine artificielle digne des pires régimes de la triste histoire du 20e siècle. L’héritage des Staline, Pol Pot et de la dynastie Kim en Corée du Nord trouvent en Netanyahou un digne successeur – tout comme Heinrich Himmler et Adolf Eichmann.
Le verdict qui s’impose quand on voit les photos récentes qui nous viennent de Gaza, montrant des enfants émaciés sous le coup de la faim, est sans appel.
Un crime contre l’Humanité est en cours, sous nos yeux. Et nos gouvernant·es n’en sont plus seulement les complices, mais des participant·es.
Résister, refuser, agir
Ziegler se demande : où est l’espoir?
Moi, je dis qu’il se trouve dans la résistance, dans le refus de nous faire complices des atrocités commises par nos gouvernant·es, et dans des actions qui devront, malheureusement, être de plus en plus radicales.
Ceux et celles qui s’y opposeront auront choisi leur camp.
C’est l’âme de l’Humanité entière qui se trouve prise en étau.