Les politiciens ont l’ego fragile ces jours-ci.
Il ne se passe pas une semaine sans que Ti-Paul nous fasse une crisette contre les gens qui habitent le pays qu’il prétend tant aimer, ou que la bande à François nous dépose une poignée de projets de loi liberticides et anti-démocratiques.
Le fil conducteur? Les politiciens ont peur du monde.
La moindre critique, la moindre incartade à leurs ambitions aussi grandiloquentes que médiocres, et les voilà en pleine crise de nerfs devant les kodaks, les journalistes relayant leurs meltdowns comme si c’était normal.
Ce n’est pas normal.
Qu’on leur coupe le micro, c’est le temps pour une intervention.
« Messieurs, vous êtes en épuisement professionnel. Prenez un pas de recul, passez le relai à quelqu’un d’autre. Vous êtes littéralement en train de saccager le peu de démocratie qu’il nous reste parce que vous êtes trop émotifs. »
C’est d’autant plus flagrant que les politiciennes semblent au contraire capables de garder leur calme dans un environnement politique extrêmement toxique.
Les femmes et les minorités qui entrent en politique ne s’attendent pas à ce qu’on se prosterne, parce qu’elles ne peuvent même pas s’attendre à ce qu’on les respecte. Parlez-en à Marwah Rizqy, une élue qui s’est fait tasser par l’employée d’un chef qui ne siège même pas.
Et ce sont les monsieurs qui nous font des leçons de démocratie.
La police appelée en renfort
Le gouvernement, en particulier, est devenu si allergique à la critique qu’il dépose un projet de loi après l’autre comme s’il était en guerre contre la société civile.
L’ex-police et ministre de la Sécurité publique Ian Lafrenière nous arrive avec une autre patente cette semaine : le projet de loi 13, un projet de loi omnibus qui met dans le même panier délinquants sexuels, manifestations et groupes criminalisés. Tant qu’à y être.
Il vise notamment à limiter les manifestations à proximité des résidences de député·es, autorise les fouilles arbitraires de la police en lien avec la contestation politique et crée un index des groupes interdits, géré par le ministre lui-même.
Le système est en crise et la classe politique a peur pour sa peau.
Tout ça parce que le ministre des Patrons Jean Boulet a peur de ses voisins depuis qu’il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas légiférer contre les travailleur·euses sans être tenu personnellement responsable de ses actes.
On nous assure que la liste des groupes interdits touche principalement les Hells Angels et les gangs, mais on sait lire entre les lignes et c’est nous, les antifascistes, les membres de l’opposition civile, qui serons frappé·es d’interdit.
On connaît le goût du poivre et se souvient encore de GAMMA, le bras politique du SPVM qui avait été mis sur pied alors que Lafrenière en était le porte-parole.
Puis, mon petit doigt me dit que ces nouveaux pouvoirs politiques accordés à la police ont peut-être à voir avec le projet de loi 5 visant à accélérer les « projets d’envergure nationale », afin de contenir l’inévitable opposition – comme l’avait fait le fédéral.
Ah! ça ira
Le système est en crise et la classe politique a peur pour sa peau. La porte fermée à double tour, les rideaux tirés, les politiciens chassent les ombres qu’ils croient voir au détour du regard.
Ils s’imaginent bien loin de nous, protégés par leurs lois, leur État policier et le cash de leurs amis riches. Ils rêvent d’un temps où la classe dirigeante pouvait jouer au pouvoir, s’investir de ses intrigues, sans avoir à se justifier. Ils ambitionnent l’irresponsabilité ministérielle.
Heureusement pour eux, quelqu’un a peut-être entendu leurs prières.
Il y aurait déjà une nouvelle capitale faite sur mesure pour eux. Un vaste domaine doté d’un palais somptueux et de grands jardins français. Loin des suppliques de la foule.
C’est sur le bord du lac Memphrémagog et ça s’appelle le domaine Belmere, mais le photographe Pierre Lahoud le surnomme Versailles 2.
On dit que c’est très calme, sauf pendant le temps des cerises.