Gabriel Nadeau-Dubois, chef parlementaire et co-porte-parole masculin de Québec solidaire, se retirera de ses fonctions, puis ne sera plus député après les prochaines élections provinciales. C’est ce qui doit être annoncé jeudi, a appris Pivot de source sûre.
Gabriel Nadeau-Dubois (GND) annoncera jeudi qu’il quitte son rôle de co-porte-parole masculin de Québec solidaire (QS) et ne sera pas candidat aux élections provinciales qui doivent se tenir au plus tard en octobre 2026. Il continuera toutefois à siéger comme député solidaire de la circonscription de Gouin.
C’est ce que Pivot a appris d’une source bien au fait du dossier.
GND a déjà annoncé mercredi en soirée qu’il tiendra jeudi à 13 h une conférence de presse lors de laquelle il fera « une annonce importante concernant son avenir politique ».
Gabriel Nadeau-Dubois était en congé parental depuis la naissance de son deuxième enfant au début du mois de décembre.
Lundi, sur la plateforme X, il annonçait être « de retour en fonction ». Il précisait toutefois qu’il demeurait à Montréal pour la semaine « pour des raisons familiales » et qu’il serait à l’Assemblée nationale la semaine prochaine.
Du militantisme étudiant à la politique
En 2010, alors qu’il est étudiant en histoire à l’UQAM, Gabriel Nadeau-Dubois intègre l’exécutif de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) en tant que secrétaire aux communications. L’ASSÉ, dissoute en 2019, représentait une frange plus radicale du mouvement étudiant, défendant une approche syndicale et de combat.
En 2012, le rôle de porte-parole de GND durant la grève étudiante fait du jeune syndicaliste une figure médiatique du mouvement. Il est, avec Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la Coalition large de l’ASSÉ (CLASSE), une coalition temporaire regroupant 67 associations et représentant 100 000 étudiant·es et qui revendiquait la gratuité scolaire.
La grève, qui s’est prolongée de février à septembre 2012, atteint un sommet en mars, alors que près de 300 000 étudiant·es de la province sont en grève.
En 2016, Gabriel Nadeau-Dubois participe au projet Faut qu’on se parle, avec d’autres personnalités telles que Maïté Labrecque-Saganash, une militante crie, Aurélie Lanctôt, une militante féministe, Will Prosper, militant anti-raciste et co-fondateur de Montréal-Nord Républik, et Jean-Martin Aussant, économiste et ancien chef du parti souverainiste Option nationale.
Cette initiative organise des « assemblées de cuisine » et des consultations dans toutes les régions du Québec. L’exercice a pour objectif de lancer un débat citoyen sur divers enjeux tels que la place de l’éducation, la démocratie et la transition écologique. Les discussions mènent à la publication de l’essai collectif Ne renonçons à rien.
En mars 2017, Nadeau-Dubois annonce qu’il rejoint Québec solidaire. Quelques semaines plus tard, le 21 mai, il devient co-porte-parole masculin du parti, aux côtés de Manon Massé. Il est ensuite élu député de la circonscription de Gouin, dans le centre de Montréal, à l’élection partielle du 29 mai. Il est réélu aux élections suivantes avec près de 60 % des voix.
Recentrage et critiques
Les dernières années ont été plus houleuses pour le chef parlementaire de QS.
En novembre 2023, Catherine Dorion, ancienne députée de QS dans Taschereau, publie un livre sur son expérience au sein de la formation politique de gauche, intitulé Les têtes brûlées. Ce livre est très critique de Gabriel Nadeau-Dubois et du pouvoir qu’il exerce au sein du parti.
Malgré les remous causés par la sortie du livre, Nadeau-Dubois remporte un vote de confiance lors du congrès du parti tenu le même mois à Gatineau. Il récolte alors l’appui de 90 % des délégué·es.
En avril de l’année dernière, Émilise Lessard-Therrien quitte ses fonctions de co-porte-parole féminine de QS après seulement quatre mois en poste. Dans le texte qu’elle publie sur Facebook, elle dénonce « une petite équipe de professionnel·les tissée serrée autour du porte-parole masculin ».
Le chef parlementaire reçoit l’appui de ses collègues et annonce dans le même temps son désir que le parti effectue un virage « pragmatique » afin que Québec solidaire soit en mesure de gagner des élections et former un gouvernement.