Les deux personnes ayant escaladé le pont Jacques-Cartier mardi et forcé sa fermeture ont comparu devant un juge mercredi matin, en compagnie d’une de leurs camarades. La cour a déterminé qu’ils et elle étaient trop dangereux pour être remis en liberté immédiatement et qu’une enquête aurait lieu la semaine prochaine. Les militant·es maintiennent la légitimité de leur acte de désobéissance civile, destiné à mettre la pression sur le gouvernement fédéral pour agir face à la crise climatique.
Trois militants écologistes, Jacob Pirro, Olivier Huard et Michèle Lavoie, ont été accusés de méfait après avoir bloqué le pont Jacques-Cartier mardi matin. Ils et elle resteront détenu·es au moins jusqu’au 31 octobre, date de l’enquête sur la possibilité de les libérer sous caution.
Jacob Pirro et Alexandre Huard, membres des groupes environnementalistes Antigone et Last Generation, ont escaladé la structure du pont, entraînant son blocage pendant sept heures. Michèle Lavoie, qui n’a pas escaladé la structure, mais agissait comme médiatrice avec la police, a également été arrêtée pour méfait, sans explication claire selon Sandrine Giérula, porte-parole du Collectif Antigone.
La Couronne justifie leur détention jusqu’au procès par la « dangerosité » des accusé·es et la nécessité de maintenir la confiance du public dans le système judiciaire. Jacob Pirro et Olivier Huard sont déjà impliqués dans une affaire similaire liée au blocage d’un terminal pétrolier en 2022, pour laquelle ils seront jugés le mois prochain.
Des activistes d’Extinction Rebellion avaient aussi bloqué le pont Jacques-Cartier en 2019 pendant plus d’une heure. Ils avaient été libérés jusqu’à leur procès, ce qui rend cette décision de la cour assez inhabituelle.
Un groupe d’environ 50 personnes s’était rassemblé devant le palais de justice de Montréal à 9 heures ce matin, heure de l’audience, en espérant la libération des trois détenu·es.
L’action de désobéissance civile menée mardi matin sur le pont Jacques-Cartier visait à « faire passer un message » sur l’urgence d’agir face à la crise climatique. Pour les militant·es, leur geste est légitime et même nécessaire pour faire bouger les choses.
Ils et elles demandent au gouvernement fédéral de s’engager à mettre fin à l’exploitation et l’utilisation des combustibles fossiles d’ici 2030, et de créer une agence nationale visant à répondre aux catastrophes naturelles qui se multiplient.
« Les Canadiens savent qui sont les vrais criminels – ce sont les dirigeants des combustibles fossiles et les politiciens qui maintiennent un statu quo mortel et destructeur. Nous demandons la libération de ces trois personnes courageuses » affirme par communiqué la porte-parole de Last Generation Canada, Laura Sullivan.
Le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, a publié sur X son mécontentement face à cette action, qualifiant les groupes comme d’« extrémistes ». Pour le ministre, « ce genre de geste de désobéissance civile n’est pas une façon de se faire entendre ».