Plus de 2450 lobbyistes des énergies fossiles seront présent·es à la COP28

L’une des plus grosses délégations de la conférence des nations sur le climat est représentée par… l’industrie fossile.
Certaines organisations craignent que les lobbyistes interfèrent dans des engagements climatiques.

Alors que s’ouvre aujourd’hui la sixième journée consécutive de la COP28, une analyse de la coalition Kick big polluters out (KBPO) révèle qu’au moins 2456 lobbyistes représentant l’industrie des énergies fossiles ont été accrédités pour participer au sommet pour le climat. 

Cette année, il n’y a pas que la montée des températures, les catastrophes climatiques et les émissions de gaz à effet de serre qui ont battu des records. Le nombre de représentant·es des industries pétrolières, charbonnières et gazières accrédité·es pour se rendre à la COP28 a lui aussi explosé, selon un récent rapport de KBPO. 

Avec 2456 lobbyistes fossiles présent·es, soit environ quatre fois plus que lors de la COP27, l’industrie pétrolière représente à elle seule la troisième plus grande délégation de la COP28, derrière le Brésil qui accueillera la COP30 (3081 représentant·es) et les Émirats arabes unis, pays hôte (4409 représentant·es).

«  Nous n’inviterions jamais l’industrie du tabac à un sommet sur la santé et pourtant les lobbyistes de l’industrie des énergies fossiles sont arrivé·es à la COP28 avec un accès privilégié.  »

Salomé Sané, chargée de campagne climat à Greenpeace Canada

Si la présence des lobbyistes de l’industrie fossile au sein des COP n’a rien de nouveau, cette augmentation de leur nombre inquiète énormément les organisations de la société civile présentes sur place. 

« Nous n’inviterions jamais l’industrie du tabac à un sommet sur la santé et pourtant les lobbyistes de l’industrie des énergies fossiles sont arrivé·es à la COP28 avec un accès privilégié », s’offusque Salomé Sané, chargée de campagne climat à Greenpeace Canada. 

Beaucoup d’organismes émettent à ce titre leurs craintes vis-à-vis des conflits d’intérêts qui viendront influencer les procédés décisionnels.

« Pensez-vous vraiment que Shell, Chevron ou ExxonMobil envoient des lobbyistes pour observer passivement ces pourparlers? Pour faire progresser des solutions climatiques au bénéfice des communautés dont ils polluent l’air et l’eau? Pour mettre les gens et la planète avant le profit et leurs dollars avides? » lance Alexia Leclercq de Start : Empowerment, membre de la coalition KBPO. 

Une présence disproportionnée

KBPO alerte ainsi sur la présence disproportionnée de lobbyistes dépêchés pour défendre les intérêts de leurs entreprises alors que la majeure partie des rapports scientifiques et des organisations de la société civile appellent à une élimination complète et rapide de l’utilisation des combustibles fossiles. 

« L’élimination complète, rapide et équitable des combustibles fossiles n’est plus une option mais une nécessité », remarque Salomé Sané. Pour elle, la présence des lobbyistes au sein de la COP nuit considérablement à la concrétisation d’avancées en faveur du climat. 

« L’éléphant fossile dans la pièce est devenu trop gros. Pour parvenir à une véritable action climatique, nous devons nous libérer de l’influence des énergies fossiles et les tenir pour responsables des dommages qu’elles provoquent, » souligne la porte-parole.

Selon KBPO, cette présence massive des défenseur·es de l’industrie fossile est d’autant plus surréaliste que les lobbyistes ont reçu plus de laissez-passer pour la COP28 que l’ensemble des dix pays les plus vulnérables aux changements climatiques. Ceux-ci ne sont représentés que par 1509 personnes collectivement. 

La taille de la délégation fossile est également de sept fois supérieures à celle des représentant·es autochtones officiel·les, qui cumulent seulement 316 places. Pour KBPO, cela illustre parfaitement la façon dont « la présence de l’industrie éclipse celle de ceux qui sont en première ligne de la crise ».

« Ces conclusions nous disent que les dynamiques au sein de ces espaces restent fondamentalement coloniales », remarque Caroline Muturi, d’IBON Africa, aussi membre de KBPO. « Les COP des années passées sont devenues une avenue pour de nombreuses entreprises pour verdir leurs activités polluantes et imposer des distractions dangereuses par rapport à une véritable action climatique », ajoute-t-elle.

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