La cause palestinienne et le devoir des institutions académiques

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La cause palestinienne et le devoir des institutions académiques

Alors que les étudiant·es ont compris leur devoir, il est grand temps que les collèges et universités comprennent le leur.

Au milieu des atrocités commises quotidiennement à Gaza, des millions de personnes partout dans le monde se sont mobilisées pour montrer leur soutien au peuple palestinien. 

Parmi elles réside un groupe particulièrement bruyant : les étudiant·es. Plusieurs associations et comités étudiants ont poussé la cause palestinienne à l’avant de leurs préoccupations et de leurs revendications. Au Canada notamment, ils ont organisé de nombreuses manifestations condamnant le silence de leurs institutions académiques respectives et du gouvernement.

Malgré l’appel à l’action d’un nombre incontestable d’étudiant·es, les institutions académiques et le gouvernement canadien semblent décidés à les ignorer.

Étant moi-même une jeune étudiante collégienne au sein d’une institution virtuellement silencieuse sur le sujet, je porte mon attention sur la question académique. Si on peut se mettre d’accord sur l’idée que les institutions devraient être au service du peuple et non le contraire, quel est donc leur rôle face à la situation actuelle? En d’autres mots, quel est le devoir des institutions académiques?

Le devoir de changer le monde

Dès l’école primaire, j’ai entendu mes professeur·es parler de l’importance de l’éducation, du devoir de l’élève/l’étudiant·e. Bien que ces paroles aient pu sembler être une simple morale, elles deviennent de plus en plus significatives ces derniers temps.

J’ai rapidement compris que le vrai devoir de l’étudiant·e est de s’éduquer adéquatement et de faire bon usage de son éducation.

J’ai rapidement compris que le vrai devoir de l’étudiant·e ne se limite pas à son interprétation du monde, mais s’étend plutôt à sa participation dans la création d’un monde meilleur.

Il est évident que je ne suis pas la seule étudiante à avoir compris ce devoir. L’incompréhension ne se trouve pas au niveau du corps étudiant, mais plutôt au niveau de l’institution académique qui ne saisit pas la responsabilité envers ses étudiant·es.

Le vrai devoir de l’étudiant·e s’étend à la création d’un monde meilleur.

Si le devoir de l’étudiant·e est de devenir un·e citoyen·ne instruit·e, qui transformera son éducation en outil véritable de changement social positif, alors n’est-il pas le devoir de l’école de produire un·e tel·le étudiant·e?

Une cause humanitaire

Dernièrement, j’ai assisté à un échange intitulé « Réflexions sur le conflit israélo-palestinien », organisé par un professeur en science politique au Collège Maisonneuve, en compagnie de Dr Mildou Chennoufi, professeur, chercheur et auteur. Cinq leçons principales sont ressorties de cet échange, bien qu’assez évidentes pour la majorité des étudiant·es et des quelques membres du personnel présent·es :

  1. La cause palestinienne est une cause humanitaire;
  2. La couverture médiatique occidentale des évènements ne donne pas une image juste de la situation actuelle;
  3. Les contradictions entre le message de paix des politicien·nes et leur soutien inconditionnel d’Israël s’intensifient;
  4. Israël a reçu carte blanche de la part de la communauté politique internationale;
  5. Il est important de s’éduquer adéquatement sur le sujet face à une compagne grandissante de propagande sioniste.

Les points récapitulatifs ci-dessus sont basés sur les propos d’un expert en histoire politique du Moyen-Orient qui a insisté sur une approche objective du sujet. Ainsi, si l’histoire et les faits tendent à ce que la cause palestinienne soit une cause juste et humanitaire, quel est notre devoir?

Il est temps

Nous les étudiant·es, avons compris notre devoir : il est temps que les institutions académiques comprennent le leur et brisent leur silence face à une véritable crise humanitaire qui ne cesse d’augmenter le nombre de victimes.

Les étudiant·es se doivent de porter attention au monde qui les entoure. Les étudiant·es se doivent de faire du bruit à propos des crimes contre l’humanité. Il est temps que les collèges et les universités écoutent l’écrasant appel à l’action de la part de leur corps étudiant.

Toute tentative de faire taire le cri étudiant devrait être réprimandé. Nous les étudiant·es, avons compris notre devoir.

Il est temps que les collèges et les universités écoutent l’écrasant appel à l’action de la part de leur corps étudiant.

Je fais appel à toutes les institutions académiques pour cesser leur censure des voix étudiantes.

Je fais appel à toutes les institutions académiques pour répondre aux préoccupations et revendications de leur corps étudiant respectif sur ce sujet.

Je fais appel à toutes les institutions académiques pour offrir des ressources éducatives, sous la forme, par exemple, d’une promotion de divers livres sur le sujet.

Je fais appel à toutes les institutions académiques pour publier un communiqué véridique sur la crise humanitaire actuelle à Gaza.

L’autrice est étudiante collégienne et souhaite préserver l’anonymat.