Photo : Kouji Tsuru
Nouvelle

Les investisseurs canadiens votent contre les résolutions climatiques

Malgré leurs promesses, les grands investisseurs du pays tendent à s’opposer aux mesures environnementales concrètes proposées par les compagnies qu’ils financent.

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Plusieurs grandes institutions financières du pays se sont engagées à utiliser le pouvoir conféré par leurs investissements pour combattre la crise climatique. Pourtant, un nouveau rapport démontre que la majorité de ces investisseurs utilisent plutôt leur droit de regard pour s’opposer aux réformes environnementales proposées par les entreprises.

La majorité des firmes d’investissement canadiennes signataires de l’entente Climate action 100+ (CA100+) ont, en 2022, voté généralement contre les résolutions environnementales soumises par les entreprises polluantes dont elles sont actionnaires, selon un rapport d’Investors for Paris compliance.

Elles se sont pourtant engagées à travailler activement à réduire les émissions de gaz à effets de serre à travers toute la chaine de valeur pour assurer de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Le CA100+, qui réunit la plupart des grands groupes financiers de la planète, vise justement à utiliser le levier du financement pour pousser les compagnies qui polluent le plus à changer leurs pratiques.

« Ce n’est pas étonnant de voir la Banque Royale du Canada (RBC), qui trempe littéralement dans les combustibles fossiles, s’opposer à des objectifs climatiques plus contraignants. Par contre, c’est décevant de voir la Caisse de dépôt et de placements (CDPQ) et Desjardins faire de même », remarque Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada et de la Coalition sortons la Caisse du carbone.

La plupart des firmes d’investissement ont généralement voté contre les résolutions environnementales des entreprises polluantes dont elles sont actionnaires.

Il rappelle que selon les critères de l’ONU, les pratiques pointées du doigt dans le rapport relèvent de l’écoblanchiment. « Il faut qu’elles agissent concrètement en lien avec ce que la science exige, surtout dans le cas de la CDPQ qui a le devoir de représenter les Québécois·es et leur désir de protéger le climat », rappelle-t-il.

Au moins, le rapport montre que certains investisseurs semblent avoir fait le virage nécessaire et utiliser positivement leur influence en votant systématiquement pour les résolutions portant sur le climat, remarque Patrick Bonin. Il s’agit de Bâtirente, qui gère les fonds de retraite de la CSN, et des firmes vancouvéroises Genus Capital et Vancity.

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