Maquette du « complexe santé » projeté au centre-ville de Rivière-du-Loup | Image : Medway

Mobilisation contre un complexe immobilier au centre-ville de Rivière-du-Loup

Un projet de démolition de logements et de construction d’un « complexe santé » crée de la grogne à Rivière-du-Loup, poussant des citoyen·nes à se mobiliser.

Un peu plus d’une vingtaine de citoyen·nes de Rivière-du-Loup ont bravé la pluie et le brouillard jeudi soir pour assister à une assemblée citoyenne visant à préparer la résistance à un nouveau projet immobilier au centre-ville. 

Pierre Landry explique que c’est « dans un contexte d’urgence où les citoyens risquent d’être placés devant le fait accompli, que des citoyens ont décidé de se mobiliser. » L’organisateur de l’assemblée déplore le peu de communication autour du projet et l’absence de consultation du public.

M. Landry, qui réside dans la rue où serait construit le nouveau développement, considère que le projet doit être équilibré, tant du point de vue social qu’environnemental.

Le groupe Medway, un promoteur immobilier commercial et gestionnaire de cliniques médicales, prévoit de construire un « complexe santé » sur la rue Saint-Louis, au centre-ville de Rivière-du-Loup. L’immeuble projeté compterait neuf étages, combinant trois étages dédiés aux services médicaux et six étages, soit 165 unités, de « condos locatifs ». Selon le site Web de l’entreprise, la livraison du projet est prévue pour juillet 2024.

Des résident·es inquiet·es

Plusieurs résident·es du secteur se questionnent sur le lieu choisi pour ce projet, un endroit qui n’est pas desservi par les grandes artères. Elles et ils s’inquiètent de l’accroissement important de la circulation sur cette étroite rue résidentielle. Les résident·es considèrent que d’autres projets pourraient répondre mieux à leurs besoins.

Elles et ils s’inquiètent aussi de l’impact de ce projet de construction sur le paysage de la ville. En effet, le site est localisé en bordure de la rivière du Loup, en face du parc des Chutes. De plus, la construction nécessiterait très probablement la coupe de plusieurs arbres centenaires qui composent le boisé longeant actuellement la rivière, selon la présentation faite par M. Landry durant l’assemblée.

Pierre Landry (à l'avant) et Samuel Saint-Denis-Lisée (à l'arrière) lors de l'assemblée citoyenne du jeudi 9 juin | Photo : Sam Harper
Pierre Landry (à l’avant) et Samuel Saint-Denis-Lisée (à l’arrière) lors de l’assemblée citoyenne du jeudi 9 juin | Photo : Sam Harper

Des démolitions qui dérangent

Le projet prévoit en outre la démolition de deux bâtiments. Le premier est un bâtiment commercial et le deuxième contient quatre logements, habités par des locataires. Une maison patrimoniale serait quant à elle déménagée un peu plus loin sur la même rue.

Des locataires dont les logements seraient démolis ont appris la nouvelle en découvrant des avis de démolition placardés sur la porte de l’immeuble, le 1er juin dernier.

Pourtant, le règlement municipal prévoit que pour qu’une démolition soit acceptée, le propriétaire doit avoir prévenu ses locataires et prévu un plan de relocalisation pour elles et eux.

Cette situation cause beaucoup de stress aux locataires, selon Samuel Saint-Denis-Lisée, du Comité logement Bas-Saint-Laurent, qui est allé les rencontrer pour leur expliquer leurs droits. « Le promoteur voudrait que les gens aient quitté d’ici le 31 août », explique-t-il. Parmi les locataires se trouvent des aînés habitant là depuis plus de 20 ans.

De plus, « trouver un autre logement au prix qu’ils paient actuellement est pratiquement impossible » pour les locataires menacé·es d’éviction, constate l’intervenant. Le taux d’inoccupation des logements de Rivière-du-Loup est de 0,5 %.

Le 8 juin, le groupe Medway a annoncé qu’il suspendait la démolition de l’immeuble résidentiel en raison d’une « révision d’un élément technique relatif à la conformité de la procédure », selon une déclaration du promoteur citée durant la présentation.

Prenant le micro lors de l’assemblée citoyenne, une femme se désole que « l’on pense seulement à l’économie des hommes d’affaires. Moi, je rêve de beauté, de poésie et de qualité de vie. »

Pour Pierre Landry, la soirée aura servi à « semer une graine » et informer les gens intéressés. Il espère que la Ville représentera les intérêts des citoyen·nes en premier lieu et non les intérêts des promoteurs.

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