Gaza : Israël intensifie le génocide et l’Occident hausse le ton… mais encore?

Le Canada a menacé Israël de « sanctions ciblées », mais sans passer de la parole aux actes pour le moment.

Oona Barrett Vidéojournaliste · Pivot
Partager

Imposant déjà un blocus total sur la bande de Gaza depuis des semaines, Israël a récemment intensifié fortement ses attaques militaires, parlant désormais ouvertement de conquérir le territoire palestinien. Cette aggravation des violences a fait réagir plusieurs pays occidentaux, qui envisagent des sanctions concrètes. Le Canada, notamment, passera-t-il de la parole aux actes?

Le gouvernement israélien parle désormais ouvertement d’un plan de conquête totale de la bande de Gaza, affirmant : « Nous prendrons le contrôle de tout le territoire », a dit le premier ministre Benyamin Netanyahou le 19 mai.

Le but? Lancer une offensive massive, occuper l’enclave durablement et entasser les civil·es palestinien·nes dans une toute petite portion de l’extrême sud du territoire.

Israël a ainsi considérablement intensifié ses attaques sur Gaza ces dernières semaines, faisant plus d’une cinquantaine de morts par jour.

Depuis 19 mois, plus de 53 600 Palestinien·nes sont mort·es à Gaza, dont plus de 15 600 sont des enfants. Plus de 900 Palestinien·nes ont aussi été tué·es en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, d’après les chiffres du ministère de la Santé palestinien.

À partir du début de mars, Gaza a été soumise à un blocus total, c’est-à-dire que toute l’aide humanitaire a été bloquée par Israël. Résultat : 1,5 million de Gazaoui·es, sur un total de 2,1 millions, sont en situation d’urgence alimentaire, voire de famine, selon les Nations unies.

Pour Human Rights Watch, Israël commet un crime contre l’humanité en utilisant la famine comme arme de guerre.

Face à la pression internationale, Israël a autorisé le passage d’une centaine de camions de l’ONU les 12 et 13 mai.

Mais pour Médecins sans frontières, cette aide reste largement insuffisante et l’ONG accuse Israël de faire cela uniquement pour ne pas être accusé d’imposer la famine à la population. « Avant octobre 2023, 500 camions d’aide entraient chaque jour dans la bande de Gaza, selon les Nations unies. L’autorisation actuelle de 100 camions par jour, alors que la situation est si critique, est tout à fait dérisoire. »

Pressions internationales accrues

Dans une déclaration commune faite le 19 mai, 22 pays, dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada, ont demandé de rouvrir immédiatement l’accès humanitaire à Gaza.

Le même jour, le Canada, la France et le Royaume-Uni ont aussi condamné l’élargissement des actions militaires en cours à Gaza et l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie, appelant à un cessez-le-feu immédiat et menaçant Israël de prendre des « mesures concrètes », comme des « sanctions ciblées ».

Plusieurs pays européens ont commencé à envisager des sanctions. Le Royaume-Uni a suspendu ses négociations commerciales avec Israël et convoqué l’ambassadrice israélienne. Plusieurs membres de l’Union européenne soutiennent désormais la proposition néerlandaise de revoir l’accord d’association commerciale entre l’UE et Israël, en vigueur depuis 2000.

Madrid a accueilli le 24 mai une vingtaine de pays européens et arabes ainsi que des organisations internationales pour envisager des sanctions envers Israël et parler de la solution à deux États entre Israélien·nes et Palestinien·nes.

Pour l’instant, depuis sa sortie de la semaine dernière, le Canada n’a prononcé que des mots, mais n’a pas mené d’actions concrètes pour sanctionner Israël.

Or, un bon nombre d’actions pourraient être prises, comme un embargo total sur les armes et le matériel militaire transférés à Israël, la rupture de l’accord de libre-échange avec Israël, ou encore des sanctions contre des ministres du gouvernement israélien, comme la Suède en a demandé à l’Union européenne le 20 mai.

Récents articles

Voir tous