Vers 14 heures lundi, des centaines d’étudiant·es des universités Concordia et McGill, ainsi que des cégépien·nes, se sont rassemblé·es au centre-ville de Montréal. Plusieurs ont pris la parole afin de dénoncer la complicité des institutions académiques dans le génocide à Gaza.
Un an après les attaques du Hamas et le début de la réplique génocidaire d’Israël à Gaza, plusieurs étudiant·es des universités McGill et Concordia ont choisi de faire l’école buissonnière. Ils et elles se sont rassemblé·es lundi devant le pavillon Hall de l’Université Concordia afin de demander à ce que les deux institutions mettent un terme à leurs investissements qui soutiennent les violences israéliennes en Palestine et au Liban.

« Les étudiants se rassemblent aujourd’hui pour commémorer un an de génocide, 18 ans de siège de Gaza et 76 ans d’occupation et de nettoyage ethnique », a partagé un·e étudiante de l’Université McGill qui fait partie de l’organisation de l’événement et qui a préféré demeurer anonyme, par peur de représailles de la part de son université.
« Nous sommes ici pour montrer à McGill et Concordia, et au monde entier, que nous sommes toujours déterminés dans notre lutte, et que nous continuerons à nous mobiliser jusqu’à ce que nous obtenions le désinvestissement de la part de nos institutions », a-t-elle ajouté.

Les étudiant·es accusent les administrations des deux universités de maintenir leurs investissements dans des compagnies qui endossent ou contribuent à l’apartheid en Israël, dont des compagnies d’armement.
Selon les données publiques de McGill, l’université détient plus de 70 millions $ de tels investissements, dont plus de 5,5 millions $ dans des compagnies d’armes et de technologies militaires qui ont des contrats avec l’armée israélienne, comme Lockheed Martin, Thales, Safran, Dassault et Airbus, selon les calculs de Pivot.
L’Université Concordia ne divulgue pas publiquement ses investissements et leur valeur n’est pas connue.
Un nouveau lien entre McGill et Israël
Un peu plus d’une heure après le début du rassemblement, les manifestant·es ont été dirigé·es par les organisateurs vers le campus de l’Université McGill, où des policiers anti-émeute les ont empêché·es de continuer plus loin.


En avril dernier, des étudiant·es avaient établi un campement sur la pelouse de l’université afin de faire valoir leurs revendications et de dénoncer le mutisme de l’administration.
Après plusieurs demandes d’injonction refusées par les tribunaux, l’administration de McGill avait recouru à une firme de sécurité privée afin de déloger le campement, en juillet dernier.

Une demie heure plus tard, la foule a défilé sur l’avenue des Pins Ouest pour finalement s’arrêter devant des édifices de l’université qui abriteront le nouvel Institut de science sportive.
Il s’agit du fruit d’un don de 29 millions $ – la plus importante somme faite à une école d’éducation, selon un communiqué émis par McGill en août dernier – fait par Sylvan Adams, un homme d’affaires canadien installé en Israël depuis 2016 et dont la mission avouée est de faire la promotion d’Israël par le sport.
Sylvan Adams a également financé un autre institut de science sportive à l’Université de Tel-Aviv, qui porte son nom et avec lequel l’institut de McGill sera amené à collaborer.
Afin de dénoncer ce nouveau lien académique entre McGill et Israël, des manifestant·es ont lancé des ballons remplis de peinture sur la façade de l’édifice, puis cassé des fenêtres et des installations de construction.


Quelques instants plus tard, plusieurs dizaines de policiers en équipement anti-émeute ont chargé et poivré à plusieurs reprises la foule, qui a pris la fuite en se dispersant vers l’avenue du Parc.