Pas d’histoire aujourd’hui. Je fais grève.
La barbarie se poursuit en Palestine et je me sens complètement désemparé. Comment donc un obscur doctorant en histoire peut-il exercer la moindre influence sur ce qui se passe là-bas? Comment un chroniqueur de seconde zone peut-il empêcher la plus grande puissance militaire mondiale de fournir les bombes qui calcinent des enfants?
Je peux donner de l’argent à une cause, mais je veux faire un peu plus.
Exiger la fin de la barbarie
Si je ne peux m’adresser À Tel-Aviv ou Washington, je peux cependant utiliser mon humble tribune pour demander à mes propres gouvernements de cesser d’appuyer activement ou tacitement un assassinat de masse.
Je ne suis personne, un citoyen parmi d’autres. Mais au nom de l’infime parcelle d’humanisme qui survit peut-être encore chez nos dirigeant⋅es, j’implore que les gouvernements du Québec ou du Canada, selon leurs compétences :
- Exigent un cessez-le-feu immédiat et permanent ainsi que la libération de tou·tes les otages;
- Reconnaissent officiellement l’État de Palestine;
- Demandent la fin de l’occupation des territoires palestiniens;
- Reconnaissent la légitimité de la Cour internationale de justice ainsi que de la Cour pénale internationale et s’engagent à respecter et défendre leurs jugements;
- Mettent fin à toute exportation de matériel militaire, à usage létal ou non, vers Israël ainsi qu’à toute forme de collaboration militaire;
- Interdisent aux fonds de pension publics d’investir dans des entreprises qui profitent de ce conflit ou de l’occupation des territoires palestiniens;
- Augmentent et élargissent l’offre de visas aux réfugié·es palestien·nes;
- Augmentent le financement octroyé à l’UNRWA, le programme des Nations unies venant en aide aux réfugié·es palestinien·nes dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie.
J’en appelle aussi au gouvernement du Québec pour qu’il suspende indéfiniment son ouverture d’un bureau à Tel-Aviv.
Je m’engage par le fait même à verser mon cachet pour ce texte à l’UNRWA.
Mon défi aux chroniqueurs et chroniqueuses
Par ce texte, je souhaite inviter ceux et celles qui possèdent une tribune à offrir leur prochaine chronique à la Palestine. Quels que soient la forme, le style ou l’approche de cette intervention, il importe de faire front commun devant l’inaction (ou la réaction honteusement frileuse) de nos gouvernements face à ce qui devient de plus en plus clairement, au mieux un crime contre l’humanité, au pire un génocide.
Libre à ceux et celles qui le voudront de reprendre les revendications précédemment évoquées, de les modifier, d’en ajouter, d’en retirer. Libre à ces mêmes personnes de n’inclure aucune revendication. Peut-être l’expression d’une juste indignation suffit-elle.
J’invite enfin ceux et celles qui en ont les moyens à verser leur cachet (ou un montant de leur choix) à un organisme venant directement en aide aux palestinien·nes.
Il ne s’agit pas de faire dans la vertu ostentatoire, mais d’utiliser toutes les plateformes possibles pour montrer à nos dirigeant·es et au monde que la société civile québécoise se mobilise et qu’elle demande des actions immédiates. Voyons-le comme une sorte de manifestation sous la forme de chroniques.
Pour finir, voici quelques organisations auxquelles vous pouvez donner.