Puisque nous approchons des fêtes, qui sont depuis 2020 la période de l’année avec la plus haute prévalence de la COVID-19, je me devais de faire le point sur la situation actuelle. Surtout que règne encore une fois la désinformation dans la médiasphère québécoise.
Non, la COVID-19 n’est pas devenue un virus comme la grippe, malgré ce que le Dr Karl Weiss s’évertue à répéter dans les médias. « Le bon côté de la COVID, c’est que c’est devenu un virus respiratoire comme les autres, comme le [virus respiratoire syncytial], comme la grippe, ça arrive pendant la saison hivernale […] Ce n’est vraiment plus un problème majeur, c’est un virus comme les autres », a-t-il récemment affirmé au Téléjournal de Radio-Canada.
La grippe ne produit pas les mêmes effets post-infectieux que la COVID-19 : COVID longue, problèmes d’organes, caillots, etc. Le taux de létalité de la grippe est aussi beaucoup plus faible. La semaine dernière, Statistique Canada a publié de nouveaux chiffres à ce sujet : une personne sur neuf au pays serait atteinte de COVID longue, avec des conséquences majeures sur la productivité.
Le fait qu’un médecin puisse faire, dans les grands médias, des déclarations aussi fausses au plan scientifique dépasse l’entendement. On comprendrait que le premier ministre Legault fasse de telles associations déconnectées. Mais un membre du Collège des médecins? Hélas.
Le problème vient peut-être d’ailleurs, car il y aura toujours des « minimiseurs » en santé publique et des médecins qui refusent de lire la science à jour, afin de pouvoir passer à la télé et poser ainsi comme de bien tristes vedettes. On dirait que plusieurs médias n’ont pas encore compris qu’ils devaient effectuer une vérification des faits à l’interne quant aux données relatives à la COVID-19.
Pourtant, il ne manque pas de scientifiques qui se tiennent à jour sur le sujet, à commencer par les expert·es du collectif COVID-STOP.
Quelques chiffres
Selon les données de l’INSPQ, nous avons, en date du 12 décembre, au Québec, 2 222 personnes hospitalisées avec un diagnostic de COVID-19. C’est un peu moins que l’an dernier à pareille date (2815 personnes), mais plus qu’en 2020 (1162) et beaucoup plus qu’en 2021 (331 hospitalisations).
La situation n’est pas aussi catastrophique qu’elle l’a déjà été, mais elle n’est certainement pas banale.
Côté décès, nous sommes en ce moment à 71 décès par semaine, un peu moins que l’an dernier (91 décès par semaine), davantage qu’en 2021 (39 décès), mais moins qu’en 2020 (248 décès).
La situation n’est pas aussi catastrophique qu’elle l’a déjà été, mais elle n’est certainement pas banale. Certainement incomparable à la grippe. Qui plus est, les hôpitaux débordent présentement.
Aucune mesure à l’horizon
La direction générale de la santé publique, par la bouche du Dr Luc Boileau, a annoncé récemment en conférence de presse que les cas de COVID-19 continueraient à monter en décembre, en parallèle des cas d’influenza. C’est le cas chaque année, le pic de la prévalence de la COVID-19 arrivant au début janvier.
Ironiquement, la grève des professeurs aide certainement à diminuer la présence du virus dans la communauté, car les écoles, tel qu’elles sont organisées présentement, sont d’importants incubateurs à virus respiratoires.
Heureusement, devrait-on dire, car le Dr Boileau ne prévoit aucune mesure structurante et s’en remet au destin. « Aidons-nous tout le monde. On le sait que ça va être plus difficile dans les prochaines semaines. »
Loin de moi, évidemment, l’idée de justifier ces mesures inutiles et punitives que j’ai souvent critiquées dans ces pages, comme le couvre-feu. Mais bien d’autres choses peuvent être faites.
La santé publique s’en remet au destin.
Le Dr Boileau incite les gens à se faire vacciner, mais les points de vaccination sont plus restreints. On aimerait pouvoir se tester, mais hormis dans ces quelques centres, pas moyen d’avoir accès à des tests gratuits. Ils se paient parfois 10 $ par pipette en pharmacie. De quoi empêcher les populations les plus vulnérables de même savoir si elles ont la COVID-19. Dur de ne pas la transmettre dans ces conditions.
Il aurait été formidable que la grève force également le gouvernement à installer des purificateurs d’air à haute efficacité (HEPA) dans chaque classe du Québec de même que dans les édifices gouvernementaux, puisque les expert·es que consulte le gouvernement ne veulent pas voir que le problème pourrait se régler, en grande partie, à la source.
Donc, comme dans les années précédentes, le gouvernement se lave les mains avec la prévention des infections, en oubliant que nous sommes de grands singes dotés de nez. Du grand art.
Joyeuses fêtes!