Léa Beaulieu-Kratchanov Journaliste d’enquête · Pivot
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Samedi après-midi, des milliers de manifestant·es se sont rassemblé·es au square Dorchester afin de dénoncer ce que les Nations Unies estiment être un « génocide en devenir » à Gaza.

« J’ai honte », confie Rand, une jeune d’origine palestinienne, aux milliers de manifestant·es qui se sont rassemblé·es samedi après-midi au square Dorchester afin de demander un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. « J’ai honte de pouvoir marcher en sécurité sans la peur des bombes, alors que ma propre famille à Gaza n’a pas ce droit. »

Elle affirme que plusieurs membres de sa famille ont été tués par les bombardements israéliens. Parmi ceux et celles qui ont pour le moment été épargné·es, se trouvent des professionnels de la santé et des premiers répondants.  

« Ils vivent au jour le jour, ils cherchent seulement à survivre et aider le plus de monde possible… et à trouver de nouveaux moyens pour aider le monde parce qu’ils n’ont plus d’équipement, plus d’anesthésiant », raconte-t-elle en entrevue avec Pivot. 

Selon elle, il devient de plus en plus difficile pour les secours de se déplacer afin de venir en aide aux blessé·es.

Samedi, pendant que les manifestant·es se rassemblaient à Montréal, les bombardements de l’armée israélienne se sont poursuivis à Gaza, ciblant une fois de plus le camp de réfugié·es de Jabaliya dans le nord de la ville. Pour la première fois depuis les attaques du Hamas le 7 octobre dernier, une cible en Cisjordanie a également été touchée par les bombardements israéliens. Cinq membres du Fatah, le parti politique qui gouverne le territoire palestinien ont été ainsi tués dans la ville de Nablus.

Mercredi dernier, les forces armées israéliennes ont également mené une opération militaire terrestre à l’hôpital Al-Shifa, où elles soupçonnaient trouver un vaste réseau de tunnels souterrains utilisé par le Hamas. En genre date de samedi, l’armée n’avait toujours pas fourni de preuve pour appuyer cette allégation. 

En date de samedi, plus de 12 000 personnes ont été tuées à Gaza, dont plus de 5000 enfants. Du côté israélien, on compte maintenant 1200 personnes tuées lors des attaques du 7 octobre, un bilan révisé à la baisse jeudi par les autorités israéliennes qui n’ont pas fourni d’explication supplémentaire. 240 personnes, prises en otage par le Hamas, manquent toujours à l’appel.

Malgré les pressions pour qu’il exige un cessez-le-feu, le gouvernement de Justin Trudeau a réitéré jeudi son appui à Israël, soulignant le droit de l’État hébreu à « se défendre conformément au droit international ». 

Depuis le début des bombardements à Gaza, Israël a cependant fait l’objet de plusieurs accusations de crimes de guerre, en ciblant des lieux censés être protégés conformément au droit international humanitaire, comme des écoles, des camps de réfugiés et des hôpitaux.

Pendant le rassemblement, des orateur·trices ont rappelé que les mobilisations en soutien au peuple palestinien vont de pair avec la lutte contre l’anti-sémitisme. 

« Tout acte haineux à caractère raciste, peu importe la communauté visée, est une menace pour toutes les communautés », a déclaré Sarah Boivin, membre des Voix juives indépendantes. « Au moment même où nous nous rassemblons, c’est le peuple palestinien qui paie le prix d’une déshumanisation raciste cherchant à justifier le meurtre de masse. »

« Il ne faut pas perdre Gaza de vue lorsque nous luttons contre l’antisémitisme. Comment peut-on vouloir protéger les communautés juives tout en refusant cette même protection au peuple palestinien? », demande Sarah Boivin.

En fin d’après-midi, la foule a ensuite défilé dans les rues du centre-ville de Montréal.

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