Le Cinéma du Parc a annulé lundi soir la présentation de films sur la Palestine dans le cadre d’une série de projections caritatives en soutien à Gaza, intitulée « Du fleuve à la mer ». Le Cinéma du Parc réagissait à la pression d’une pétition affirmant représenter la communauté juive de Montréal et du Canada.
L’événement était organisé par une coalition d’organisations culturelles et politiques et hébergé par le Cinéma du Parc et visait à amasser des fonds pour des organismes humanitaires palestiniens.
Un sit-in a été organisé dans l’établissement à l’heure prévue de la projection, pour répondre aux accusations de la pétition.
Signée par plus de 1000 personnes, celle-ci réclamait une annulation de la projection, notamment parce que cette série de films pourrait inciter à la haine contre les juifs et parce que le nom de l’événement, appelant supposément à l’élimination d’Israël, serait antisémite.
Un des groupes à l’origine de la série de projections, Regards palestiniens, ainsi que des membres de Voix juives indépendantes ont pris la parole concernant ces accusations
« “Du fleuve à la mer” n’est pas un slogan, pour nous : c’est en fait une référence à l’endroit d’où nous venons. Il ne s’agit pas d’un espace imaginaire […]. “Du fleuve à la mer” est un lieu qui existait bien avant le sionisme et qui existera bien après »,a exprimé une personne membre de Regards palestiniens.
Selon Voix juives indépendantes, le titre de l’événement, « Du fleuve à la mer » est aussi un cri de ralliement palestinien pour la libération, la justice et la restitution.
L’annulation de la soirée « est une démonstration claire de la façon dont la propagande sioniste reconvertit le vrai problème de l’antisémitisme en censurant la voix des Palestiniens, des juifs anti-sionistes et de nos alliés, et assure le silence et la complicité dans ce projet génocidaire et colonial », a aussi dénoncé la personne membre de Regards palestiniens.
« Aujourd’hui, on voit qu’ils [les dirigeants du Cinéma du Parc] se sont pliés à une censure au nom d’une instrumentalisation de la soi-disant peur de la communauté juive. Les voix juives indépendantes sont là justement pour dire qu’il n’y a pas qu’une communauté juive, au contraire », a quant à elle dénoncé une membre de Voix juives indépendantes.
Les collectifs sur place dénoncent aussi la forte présence policière sur place.
Les organisateur·trices demandent maintenant au Cinéma du parc d’offrir des excuses publiques et de reprogrammer les films prochainement. Ils et elles demandent aussi au cinéma de verser une somme d’argent pour compenser les fonds perdus par l’annulation de la soirée caritative.
Les prochaines soirées de projection sont maintenues et auront lieu durant les prochaines semaines à la Sala Rossa et au Cinéma public. Les films sont aussi disponibles en ligne.