Aviation, transport, agriculture, commerce de détail, éducation, services publics, médias : chaque année, des travailleur·euses de tous les secteurs doivent renégocier leur contrat de travail. D’Air Canada à Bell Média, en passant par les fonctionnaires du gouvernement fédéral, voici quelques-uns des principaux dossiers à surveiller en 2026.
Des milliers de travailleur·euses ont fait la grève à travers le Canada en 2025.
Les fonctionnaires provinciaux de la Colombie-Britannique ont débrayé huit semaines. Les enseignant·es de l’Alberta, les employé·es de la Société de transport de Montréal (STM) et les travailleur·euses du milieu universitaire des provinces maritimes ont également fait les manchettes avec leurs moyens de pression.
Les syndiqué·es de Postes Canada ont déclenché une deuxième grève en moins d’un an, et les agent·es de bord d’Air Canada ont arrêté de travailler seulement douze heures avant que le gouvernement essaie – sans succès – de leur imposer un retour au travail.
Malheureusement, une interruption dans la publication des données fédérales sur les grèves et les lock-outs au pays rend impossible, pour l’instant, la comparaison des données de 2025 avec celles des années précédentes.
À quoi s’attendre cette année? Nous avons jeté un coup d’œil à la base de données Négothèque du gouvernement du Canada pour établir une liste des principales conventions collectives qui arrivent à terme, ouvrant la porte à des moyens de pression ou à de potentielles grèves si les négociations achoppent.
Rappelons que lorsqu’une convention collective arrive à échéance, les conditions restent les mêmes jusqu’à ce qu’une nouvelle entente soit ratifiée par les travailleur·euses. Dans la majorité des cas, les négociations se concluent sans arrêt de travail.
Transporteurs aériens
Après les pilotes et les agent·es de bord ces dernières années, deux autres syndicats négocieront avec Air Canada cette année.
Les 5000 préposé·es au service à la clientèle d’Air Canada, affilié·es à Unifor, sont déjà en négociation en prévision de l’échéance de leur convention collective, le 28 février prochain.
Les mécanicien·es et les travailleur·euses d’entrepôt, en plus des employé·es des secteurs Finance et Administration d’Air Canada, représenté·es par l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), verront leur convention collective prendre fin le 31 mars. Les négociations sont censées commencer ce mois-ci, mais elles ont été reportées, car l’Aircraft Mechanics Fraternal Association (AMFA) conteste à l’AIMTA le droit de représenter ces travailleur·euses.
La convention collective en vigueur de l’AIMTA avait été signée pour dix ans, ce qui signifie que ces travailleur·euses n’ont pas négocié une augmentation de salaire ou de meilleures conditions de travail depuis 2016.
Ce ne sont pas les seul·es du secteur du transport aérien dans cette position. Le personnel de cabine de Sunwing Airlines de la section locale 4055 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) sera aussi en négociation cette année, puisque sa convention collective arrive à échéance le 31 mai.
De leur côté, les pilotes de Cargojets, représenté·es par la section locale 7478 d’Unifor, verront leur convention collective expirer un mois plus tard, le 30 juin.
Chez WestJet et Swoop Airlines (un transporteur à bas prix avalé par WestJet en 2023), les employé·es d’entrepôt, les agent·es à la billetterie et les agent·es de bord voient leurs trois conventions collectives prendre fin cette année. Les employé·es de WestJet qui travaillent aux aéroports de Calgary, Vancouver et Toronto sont représenté·es par Unifor alors que les autres sont affilié·es au SCFP.
Ports
La convention collective des employé·es des groupes de supervision, d’ingénierie, d’entretien et des opérations de la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent (CGVMSL) expirera à la fin du mois de mars. En 2023, ces travailleur·euses, représenté·es par Unifor, se sont joint·es à d’autres sections locales pour mener une première grève en 55 ans, paralysant la voie maritime du Saint-Laurent pendant un peu plus d’une semaine.
Du côté de la Colombie-Britannique, les travailleur·euses des bateaux-remorqueurs de Seaspan ULC, une entreprise qui offre de l’assistance aux traversiers, affilié·es à la section locale 115 de l’Union internationale des opérateurs-ingénieurs, verront leur convention collective venir à terme le 30 avril.
Quant à elle, la convention collective des débardeur·euses de la Compagnie d’arrimage du nord du Québec (une filiale de QSL International Ltée, qui gère des terminaux portuaires) à Baie-Comeau expirera le 31 octobre 2026.
Le 31 décembre, ce sera au tour des près de 400 employé·es affecté·es aux opérations, à l’administration et au travail de bureau de l’Administration portuaire Vancouver Fraser de voir arriver à échéance leur convention collective. Ces travailleur·euses sont représenté·es par la section locale 517 de l’International Longshore and Warehouse Union Canada (ILWU).
Médias
Quatre conventions collectives de Bell Média arrivent à terme en 2026. Elles couvrent des centaines d’employé·es représenté·es par de nombreux syndicats.
Le 31 mars, la convention collective du personnel des services techniques et créatifs du bureau montréalais de Bell Média, affilié·es au SCFP, expire. Ces travailleur·euses se sont syndiqué·es en 2019 et ont voté à 93 % en faveur de leur première convention collective en avril 2022.
En décembre, trois conventions collectives couvrant différentes divisions de CTV, une filiale de Bell Média, arrivent à échéance : Montréal (Unifor), Ottawa (Syndicat des communications d’Amérique – SCA Canada) et Toronto (Unifor).
La convention collective des employé·es du Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN), représenté·es par la Guilde canadienne des médias, un local du SCA Canada, expire le 24 avril.
Unifor représente aussi les employé·es du National Post, qui commenceront les négociations en prévision de la fin de leur convention collective le 18 juillet.
Les travailleur·euses de Global News Montréal, affilié·es au SCFP, commenceront les négociations en vue de la date d’échéance de leur convention collective le 31 août.
Finalement, la convention collective des employé·es du Toronto Star, représenté·es par Unifor, arrive à terme à la fin du mois de décembre.
Fonction publique fédérale
Les officier·ères des services de communications et de trafic maritimes de la Garde côtière canadienne, affilié·es à Unifor, verront leur convention collective expirer le 30 avril.
La convention collective de l’Association canadienne des employés professionnels qui couvre les fonctionnaires membres du groupe « Économique et services de sciences sociales » arrive à échéance le 21 juin.
À la fin du même mois, ce sera au tour des syndiqué·es de l’Office national du film du Canada, représenté·es par l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) et le SCFP, et du Conseil des arts du Canada (avec l’AFPC) de voir arriver à terme leur convention collective.
Les auditeur·trices de l’Agence du revenu du Canada, représenté·es par l’IPFPC, vont probablement entamer des négociations cette année en prévision de l’échéance de leur convention collective le 21 décembre.
Éducation postsecondaire
À Terre-Neuve, trois conventions collectives à l’Université Memorial se terminent en 2026. Celle du personnel administratif et des employé·es de soutien représenté·es par la section locale 1615 du SCFP prend fin le 31 mars, tandis que celles des auxiliaires d’enseignement et du corps enseignant, respectivement affilié·es à l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) et à la Memorial University of Newfoundland Faculty Association, arrivent à échéance le 31 août.
En Ontario, les conventions collectives du corps professoral de l’Université d’Ottawa (30 avril), de l’Université Wilfrid Laurier (30 juin) et de l’Université Brock (30 juin)arrivent toutes à terme cette année.
Le personnel non enseignant de l’Université du Manitoba, représenté par l’Association of Employees Supporting Education Services, de même que les employé·es de service de l’Université de Toronto, affilié·es au SCFP, voient également leur convention expirer cette année, respectivement le 27 mars et le 30 juin.
Éducation primaire et secondaire
La convention collective de la Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick expirera le 28 février.
De leur côté, les enseignant·es de la Nouvelle-Écosse, affilié·es à la Nova Scotia Teachers Union, commenceront les négociations avant la date d’échéance de leur convention, soit le 31 août.
Sur la côte ouest, la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique continue ses négociations avec la province.
Terre-Neuve-et-Labrador
Trois grands syndicats du secteur public terre-neuvien sont en négociation avec le gouvernement progressiste-conservateur nouvellement élu et majoritaire.
Trois conventions collectives du Newfoundland and Labrador Association of Public and Private Employees arrivent à échéance le 31 mars. Elles couvrent des travailleur·euses de la santé et de l’administration publique.
Les travailleur·euses de la santé représenté·es par l’Association of Allied Health Professionals et la Registered Nurses’ Union seront aussi en négociation alors que leur convention échoue le 30 juin prochain.
Employé·es municipaux
Les employé·es de la Ville de Whitehorse, représenté·es par l’AFPC, mèneront des négociations en prévision de l’expiration de leur convention collective le 31 août.
Les employé·es municipaux de Calgary (SCFP) et de Sherbrooke (Fédération indépendante des syndicats autonomes) seront aussi en négociation cette année, puisque leur convention collective échoue le 31 décembre.
Transports
Les chauffeurs d’autobus et le personnel d’entretien de Coast Mountain Bus (l’entreprise qui exploite plus de 96 % des services d’autobus de la région métropolitaine de Vancouver) voient leur convention collective arriver à terme le 31 mars. Ils et elles sont affilié·es à Unifor.
Le réseau d’autobus de Vancouver s’est vu paralysé pendant deux jours au mois de janvier 2024 par une grève des superviseur·euses de transports, puisque leurs collègues ont respecté leurs lignes de piquetage.
En Ontario, Unifor représente aussi les conducteur·trices, les mécanicien·nes et les préposé·es aux services de Grand River Transit, le transporteur public qui dessert Kitchener, Cambridge, Waterloo et les régions avoisinantes. Ces travailleur·euses ont déjà débrayé en 2020 et 2023. Leur convention collective échoue le 30 avril.
Les travailleur·euses de Overland West Freight Lines et de Canada Cartage, deux entreprises de transport par camion représentées par les Teamsters, voient leur convention collective expirer le 31 décembre.
Agriculture
Chez Viterra, le géant agroalimentaire canadien qui a fusionné avec la multinationale américaine Bunge en juillet dernier, les travailleur·euses négocieront leur convention collective cette année, puisqu’elle expire le 31 octobre prochain.
Le Syndicat des services céréaliers de la Saskatchewan (GSU), qui représente les employé·es de Viterra-Bunge, a publié une déclaration pour critiquer la fusion et les conditions imposées par le gouvernement fédéral pour sa réalisation. Ce dernier oblige le siège social de l’entreprise à rester à Régina pendant seulement cinq ans. « Cet engagement à court terme offre peu de réconfort aux travailleur·euses qui ressentent désormais une profonde incertitude et une grande anxiété à propos de leur avenir », écrit le syndicat.
Commerce de détail
Le 31 janvier, la convention collective entre Winners et Workers United échoue. Elle couvre les ouvrier·ères d’entrepôt en Ontario.
Trois conventions collectives qui s’appliquent aux employé·es de Real Canadian Superstore en Alberta, représenté·es par le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), expirent le 31 octobre. Une autre convention qui lie le supermarché à ses travailleur·euses de la succursale de Whitehorse, affilié·es à Teamsters, expire le 14 septembre.
Les employé·es de The Beer Store en Ontario, représenté·es par les TUAC, commenceront les négociations en vue de l’expiration de leur convention collective à la fin du mois de décembre.
Traduit de l’anglais par Virginie Clément