Saviez-vous qu’il faut se méfier de ce qui se passe en Belgique?
Oui, en Belgique, où une crèche sur la grande place de Bruxelles provoque le scandale, parce que – tenez-vous bien – les visages des personnages sont indistincts, puisque faits de pièces de tissu disparates (patchwork). À chacun ses scandales, à chacun ses problèmes… Or des polémistes ont importé au Québec ce scandale belge, une véritable « guerre contre Noël » dit-on, en référence aux conservateurs des États-Unis qui se saisissent chaque année d’un fait d’hiver (oh!) pour dénoncer « the war on Christmas ».
Ici, Mario Dumont et Mathieu Bock-Côté s’affolent presque chaque année qu’on ne peut plus souhaiter « Joyeux Noël » ou installer en ville des sapins de Noël. C’est faux, évidemment, mais leur objectif est d’attiser la colère et la haine, en cette période où l’on devrait célébrer l’amour christique.
Manquant d’anecdotes locales cette année, on a donc importé cette polémique ridicule de Belgique. Dans son billet La crèche la plus laide du monde! Sophie Durocher, du Journal de Montréal, ironisait sur le fait que le projet se voulait « inclusif! », citant même une « spécialiste de l’islamisme » – oui, de l’islamisme – déplorant que cette crèche soit « charia-compatible ».
Voilà le niveau du débat : avant, l’islamisme détournait des avions, aujourd’hui, il détourne des crèches de Noël…
Le monde à l’envers
Sur les ondes de CNews, en France, notre compatriote Mathieu Bock-Côté a intitulé son éditorial sur le sujet Crèche sans visages : une guerre contre Noël? . Il s’y insurgeait contre le « multiculturalisme » incarné par cette crèche qui se veut inclusive, mais qui représenterait, selon lui, « l’homme nouveau », « sans racine », « sans mémoire », « sans tradition » et « sans culture » (ah! bon?). Enfin, notre polémiste parano y voyait lui aussi la marque de « l’islamisme conquérant ».
À peu près au même moment, au Liban, le pape Léon XIV déclarait que les catholiques devraient être « moins effrayés » par l’Islam…
Qu’importe, Christian Rioux s’est lui aussi saisi de cette anecdote belge dans Le Devoir, dans sa chronique La guerre des crèches. Selon lui, les personnages sans visages « peuvent rappeler ces poupées vendues dans certaines boutiques musulmanes » (ah! bon?) et même « ces oursons sans yeux qui récitent des sourates du Coran lorsqu’on appuie sur leur ventre » (re-ah! bon?). Le polémiste déplorait à son tour les valeurs « antiracistes », « inclusives » et « diversitaires » incarnées par la crèche belge, avant de prétendre – apparemment sérieusement – que la loi de 1905 de la « laïcité à la française » aurait « garanti depuis son adoption une relative paix religieuse ». Christian Rioux a beau jeu alors d’évacuer la longue tradition d’opposition catholique aux lois françaises, pour s’inquiéter plutôt que des musulmans placent « les règles de l’islam au-dessus des lois ».
Pourtant, après 1905, des curés encourageaient les parents à garder leurs enfants à la maison pour ne pas les exposer à l’enseignement laïc, et ils ont même convaincu des catholiques à bruler des manuels scolaires condamnés par l’Église. Dans les années 1990, des commandos catholiques attaquaient les cliniques d’avortement. En 2013, les organisations catholiques étaient fortement mobilisées contre la loi du mariage de partenaires du même sexe. Aujourd’hui, des associations catholiques protestent contre l’éducation à la sexualité dans les écoles publiques. Voilà pour la « laïcité à la française ».
Mais revenons à cette crèche belge, qui représente la naissance de Jésus. D’où venaient les Rois Mages, les premiers à venir adorer l’Enfant? D’Orient. Et quelles valeurs prêcha Jésus? L’amour inconditionnel du prochain et l’accueil des étrangers. Par respect pour notre héritage chrétien, les fêtes sont l’occasion de célébrer la paix, plutôt que d’attiser la guerre…
Joyeux Noël, et paix, respect et amour pour vous et vos proches, d’où que vous soyez, qui que vous soyez!