N’en déplaise aux « angry péquistes » les plus acharné·es, les dernières sorties du Parti québécois et de son chef Paul St-Maurice-Duplessis (PSMD) en matière de relations internationales donnent amplement raison à l’historien Alexandre Dumas lorsqu’il parle de « trumpisation » du « navire-amiral de l’indépendance ».
Pas que le parti et son chef aient atteint un niveau de psychose collective et de dépendance alimentaire à la sauce brune épaisse comparable à celui de la secte MAGA, loin de là.
Mais…
Dans la foulée de son conseil national la fin de semaine dernière, le chef PSMD a confirmé mes craintes : le Québec-pays « libre » restera bien séquestré dans le carcan de l’impérialisme américain, malgré la fascisation accélérée du régime sous la coupe de l’amerikanischer Führer.
Après avoir déclaré que nous avons été de « mauvais voisins » en matière d’immigration, PSMD déclarait lors du dévoilement d’un chapitre de son « livre bleu » qu’un Québec indépendant serait aligné géopolitiquement sur l’imperium états-unien.
Cela supposément pour des raisons ma foi très pratiques et qui relèveraient de l’évidence même, « realpolitik » oblige.
Le chef a même évoqué – encore une fois, et de manière qui devient de plus en plus abusive – la mémoire de René Lévesque qui avait, en janvier 1977, livré un discours devant le Economic Club à New York dans lequel il cherchait à rassurer les fat cats de la haute finance à propos de la viabilité de la « souveraineté-association » et de la prudence du Québec dans sa démarche vers une « quiet independence » qui ne devrait surtout pas choquer et effrayer les milieux d’affaires yankees.
Quelqu’un aurait-il pu rappeler à Ti-Paul que Ti-Poil, au-delà de ses génuflexions devant Wall Street, s’adressait à une tout autre Amérique que celle que nous avons actuellement comme voisine? Une Amérique pré-Reagan, pré-Bush et pré-Trump? Impérialiste et conquérante, mais encore minimalement parlable?
Au diable la realpolitik!
Il existe très peu de concepts en science politique que j’exècre plus que la « realpolitik », qui commande aux États et à leurs acteurs d’agir strictement en fonction d’intérêts et non selon une morale, une éthique ou des principes rattachés à une volonté de bien commun, ancrée dans les intérêts citoyens plutôt que ceux des élites.
Pour Paul St-Maurice-Duplessis, le Québec-pays « libre » restera bien séquestré dans le carcan de l’impérialisme américain, malgré la fascisation accélérée du régime.
Comme militaire, je m’y suis frotté en Afghanistan, où j’ai pu témoigner de rencontres et d’ententes où des officiers militaires et des représentants du gouvernement canadien pactisaient avec des criminels de guerre afghans recyclés en « notables ».
Des juges, des politiciens, des hommes d’affaires « respectables », mais que je savais responsables d’exactions et d’atrocités remontant à la guerre civile qui avait ravagé le pays après la débâcle de l’occupation soviétique, à la réputation lessivée miraculeusement à coups de nominations et de contrats par l’occupant occidental qui n’avait qu’une seule règle pour accorder une telle virginité politique renouvelée à ces monstres : l’allégeance au nouvel ordre.
Est-ce donc selon ce principe que les péquistes, bien rangé·es derrière leur chef, accepteront, au lendemain d’un référendum gagnant, le pacte faustien de l’allégeance au suzerain états-unien, les mamelles économiques bien branchées à la trayeuse de Wall Street et du complexe militaro-industriel, de même que l’adhésion à l’OTAN et la collaboration tacite ou directe à des guerres d’agression en Iran et au Venezuela?
Refuser un « régime de Vichy à caractéristiques québécoises »
Pourquoi, en lieu et place d’une telle soumission à un régime fascisé en voie de nazification complète, un Québec-pays ne chercherait-il pas à s’émanciper complètement de ce régime de criminels internationaux pour prendre la route de la révolution?
Un grand mouvement qui s’inscrirait en rupture totale avec le capitalisme sauvage et mortifère qui tue lentement, mais sûrement notre planète – une barbarie qui ne porte pas son nom et qu’on nous fait accepter par le truchement du mirage démocratique que sont nos institutions politiques plutôt rompues à « l’oligarchie parlementaire ».
Un Québec qui rejoindrait le Mouvement des non-alignés.
Pourquoi un Québec-pays ne chercherait-il pas à prendre la route de la révolution?
« Socialisme ou barbarie », selon la formule jadis employée par Rosa Luxemburg puis reprise par le philosophe franco-grec Cornelius Castoriadis lorsqu’il a co-fondé la revue du même nom.
Une « révolution bolivarienne à caractéristiques québécoises » serait très certainement plus acceptable qu’un régime de Vichy.
Si la gauche n’avait pas été bannie du PQ depuis le sabordage du SPQ Libre en 2010 par Pauline Marois, peut-être y subsisterait-il une voix qui viendrait confronter sa conscience présentement monopolisée par les logorrhées fascisantes de Mathieu Bock-Côté.



