Qui sont ces gens qui nous gouvernent?

Les gens d’affaires et les avocat·es sont particulièrement bien représenté·es parmi les député·es de la Chambre des communes.

Porte-t-on au pouvoir des gens qui nous ressemblent? Pour tenter de répondre à cette question, Pivot a recensé les origines professionnelles de l’ensemble des élu·es porté·es au pouvoir lors des récentes élections fédérales. Il en ressort le portrait d’un groupe d’hommes et de femmes aux origines diverses, mais qui est loin de constituer un échantillon représentatif de la population du pays.

Le groupe le mieux représenté à la Chambre des communes est la communauté des affaires, dont les membres occupent 81 des 343 sièges de l’assemblée (23 %). Tous les partis, sauf les verts, ont des gens d’affaires dans leurs rangs.

Au sein de ce groupe, on compte 50 administrateurs, soit des gestionnaires œuvrant au sein d’entreprises, et 31 entrepreneur·es, c’est-à-dire des personnes qui possèdent la société qu’elles administrent.

Du nombre, trois œuvraient dans l’industrie pétrolière et gazière. Deux d’entre eux sont au parti conservateur, l’autre au parti libéral.

À noter que certain·es député·es provenant du domaine de l’administration ont fait une partie de leur carrière dans le domaine public, mais les personnes dénombrées ici ont passé la majorité de leur carrière dans des sociétés privées.

Le monde de la finance a aussi une bonne présence à la chambre, 17 élu·es provenant de ce secteur.

Des avocat·es dans tous les partis

Les personnes ayant passé la majorité de leur carrière pré-politique à travailler comme avocat·es sont également très bien représentées à Ottawa, occupant 55 sièges (16 %). Ce nombre ne comprend que les député·es qui ont passé leur barreau, plusieurs autres ont fait des études en droit, mais ont finalement travaillé dans d’autres domaines, dont l’administration.

C’est la seule origine professionnelle qui est représentée dans tous les partis présents à la Chambre des communes, la seule élue du Parti vert, Elizabeth May, étant avocate de formation.

Seules trois des neuf provinces, le Manitoba, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador, n’ont pas élu d’avocat·es pour les représenter.

Le gros de la force de travail peu représentée

Par contre, les secteurs où œuvre la majorité de la population canadienne ne sont que très peu représentés parmi les élu·es.

Par exemple, on ne dénombre que deux travailleur·euses ayant fait carrière dans le domaine de la construction, un secteur qui emploie près de 1,8 million de personnes au pays, selon Statistique Canada. En comparaison, il y aurait moins de 100 000 avocat·es pratiquant au pays, selon les données du barreau de chaque province recensées par Pivot.

Il y a aussi 1,8 million de travailleur·euses de la santé au pays, qui peuvent compter onze de leurs semblables sur les bancs de la Chambre des communes. Fait particulier, huit d’entre eux et elles portent les couleurs libérales.

Le secteur primaire de l’économie est toutefois bien représenté, la chambre comptant quinze agriculteur·trices, un pêcheur et un travailleur forestier. La grande majorité de ceux-ci (douze) se sont fait élire sous la bannière conservatrice.

Le Parti conservateur abrite aussi la majorité des militaires et policiers de la chambre, ainsi que le seul pompier élu, de même que sept des dix personnes ayant fait carrière dans l’immobilier..

Du côté du Bloc québécois, près du quart de la délégation est formé d’ancien·nes enseignant·es (six sur 23), si bien que même si le parti n’a pas beaucoup de sièges à l’échelle du pays, il rassemble près de la moitié des ex-professionnel·les de l’éducation.

Les personnes provenant du domaine des communications (33), dont la moitié sont d’anciens journalistes ou chroniqueur·euses, sont bien représentées dans toutes les familles politiques.

Loin de la parité homme femme

Les Canadien·nes ont élu seulement 103 femmes (30 %) pour les représenter.

Si les femmes d’affaires (20) et les avocates (18) restent nombreuses, les élues apportent des expériences qui sont peu présentes chez leurs collègues.

Par exemple, les huit députées ayant œuvré dans le domaine du travail social sont des femmes. Elles comptent aussi pour cinq des sept élu·es émanant de la fonction publique.

Et les politicien·nes de carrière?

Un peu plus des trois quarts des élu·es avaient déjà de l’expérience politique, acquise dans l’un des trois paliers de gouvernements ou au sein de leur conseil de bande. Ils ont en moyenne près de onze ans d’expérience en politique.

Du nombre, 30 ont passé plus de 20 ans à siéger au nom de leurs concitoyen·es, dont sept qui jouent ce rôle depuis 30 ans et un – Louis Plamondon du Bloc québécois – qui est élu à la Chambre des communes depuis 41 ans.

Dans le cadre du présent exercice, M. Plamondon a été considéré pour son travail d’enseignant en mathématiques, réalisé avant son entrée à l’Assemblée nationale en 1984, mais il convient de se demander s’il n’est pas à ce stade d’abord et avant tout un parlementaire.

De plus, 21 autres élu·es ont fait leur carrière dans le giron de partis politiques, agissant comme attachés politiques ainsi que comme organisateur·trices dans les cabinets des gouvernements ou au sein des partis eux-mêmes.

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