Blocage citoyen de la plateforme de conteneurs de Ray-Mont Logistiques

Les manifestant·es voulaient faire entendre leur opposition, alors que des consultations publiques sont en cours concernant l’expansion de ce projet industriel implanté à deux pas de secteurs résidentiels.

Oona Barrett Vidéojournaliste · Pivot
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Pendant près de deux heures jeudi matin, des citoyen·nes ont bloqué les activités de la plateforme de conteneurs de Ray-Mont Logistiques. Elles et ils dénoncent les impacts négatifs de l’entreprise sur la qualité de vie dans les quartiers voisins, alors qu’elle cherche à obtenir diverses autorisations pour intensifier encore ses activités.

Vers 6 h 30 jeudi matin, une centaine de citoyen·nes ont pénétré sur le terrain de l’entreprise Ray-Mont Logistiques, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, pour bloquer les activités de cette plateforme de transbordement de conteneurs. Elles et ils ont installé une barricade bloquant l’accès aux camions.

Parmi les personnes présentes, on comptait notamment des membres du groupe Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM, mobilisé depuis plusieurs années contre le projet de Ray-Mont Logistiques, d’abord pour éviter son implantation dans un vaste espace vert aux abords de quartiers résidentiels, et aujourd’hui pour contrer son expansion.

Des consultations publiques sont en cours à la Ville de Montréal pour récolter les avis des citoyen·nes sur la volonté de Ray-Mont Logistiques de développer considérablement ses installations. Les visées de l’entreprise exigent des modifications au plan et aux règlements d’urbanismes.

« On prend ça comme notre avis qu’on dépose [aux consultations] », lance Anaïs Houde, porte-parole de Mobilisation 6600, présente au blocage jeudi matin. « Notre opinion sur ce projet-là, c’est qu’il doit être bloqué à tout prix. »

« Au terme de cette consultation publique là, ce qui est clair, c’est que non seulement on veut que toutes les dérogations soient refusées, mais on veut que le projet soit limité au maximum, puis on entend le bloquer autant que possible. »

L’entreprise, déjà en activité, souhaite maintenant construire des entrepôts et des équipements de manutention, ainsi que des infrastructures pour assurer davantage de transport de conteneurs, par camions et par train. « On est encore vraiment loin de l’activité de transbordement qu’ils vont entamer, c’est-à-dire avec des rails, avec des élévateurs à grain, avec des silos », illustre Anaïs Houde.

« Ça va être un projet d’une envergure vraiment immense. »

En parallèle, Ray-Mont Logistiques a aussi entrepris des démarches auprès du ministère de l’Environnement pour obtenir l’autorisation d’étendre ses activités à 24 heures par jour.

Qualité de vie menacée

Les opposant·es au projet s’inquiètent de ses répercussions sur la qualité de vie des habitant·es des quartiers situés à deux pas du site industriel en pleine expansion. Elles et ils déplorent notamment la destruction de vastes zones vertes ainsi que le bruit et la poussière générés par les activités de transbordement.

« Pour nous, c’est inacceptable parce que ce n’est pas un projet qui est compatible avec le quartier résidentiel. On est en plein cœur de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, on est un quartier central de Montréal, le quartier est vraiment très habité », explique Anaïs Houde.

« Ça va être un projet d’une envergure vraiment immense. »

Anaïs Houde, Mobilisation 6600

« Le terrain vague ici est vraiment beaucoup fréquenté. C’est un accès à la nature très important pour le monde du quartier. »

Un projet autorisé à coup de poursuites

La Ville de Montréal était d’abord opposée au projet de Ray-Mont Logistiques, mais la compagnie s’est adressée aux tribunaux et a obtenu en 2021 le droit d’aller de l’avant avec les premières étapes de son projet.

L’entreprise a ensuite poursuivi la Ville pour 373 millions $, mais les deux parties ont finalement convenu cet automne d’une entente en fonction de laquelle la Ville a versé 17 millions $ à l’entreprise.

Les consultations publiques en cours visent à déterminer si la Ville autorisera Ray-Mont Logistiques à réaliser les étapes suivantes de son projet.

« Pour nous, c’est vraiment inacceptable que depuis des années, ils se battent judiciairement contre la Ville pour avoir le pire projet possible. Puis, une fois qu’ils l’obtiennent, ils disent : “maintenant, vous allez devoir l’améliorer en toute chose” », critique Anaïs Houde.

« Pour nous, cette méthode-là de faire des demandes, des poursuites, des demandes, des poursuites systématiquement […], c’est quelque chose de tellement dangereux pour la démocratie, pour les communautés, pour l’aménagement de nos territoires. »

Les citoyen·nes qui bloquaient l’accès au site de Ray-Mont Logistiques sont finalement parti·es vers 8 heures du matin et les forces de l’ordre ont démantelé la barricade.

L’action répondait à un appel lancé par le mouvement Soulèvements du fleuve pour s’opposer à la « conteneurisation du fleuve » Saint-Laurent par des projets du même genre, notamment en lien avec l’agrandissement de plusieurs ports au Québec.

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