André Noël Journaliste indépendant
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Contrairement à ce qui a été rapporté, septembre 2024 a bel et bien été le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré au Québec, selon des données du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. De janvier à septembre, la température moyenne a aussi été la plus élevée jamais mesurée pour les neuf premiers mois de l’année. Des records plus qu’inquiétants.

Le 1er octobre, le Journal de Québec titrait « Météo : un mois de septembre exceptionnel? Et bien non ». Or, l’article a été écrit avec des chiffres fournis par Environnement Canada vraisemblablement avant que le bilan du mois ne soit complété.

Quoi qu’il en soit, ses conclusions sont démenties par le ministère québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. « Septembre 2024 a été d’une chaleur record en septembre au Québec, sa température moyenne surpassant le précédent record des 105 dernières années, établi l’an dernier, et de 3,6 °C la normale », ont établi les expert·es du ministère vers la mi-octobre.

« “Extrêmement chaud” et “sec” seraient ainsi des qualificatifs appropriés pour ce mois, qui n’a apporté qu’un peu plus de la moitié de la pluie normale, en moyenne, au Québec. » Le total de pluie a été de 62 mm, soit 59 % de la normale.

L’année 2024 est jusqu’à présent l’année la plus chaude des archives au Québec. La température moyenne a été de 3,2 °C plus élevée que la normale lors des neuf premiers mois, qui ont laissé non seulement beaucoup moins de pluie, mais aussi beaucoup moins de neige l’hiver dernier.

Au moment d’écrire ces lignes (le lundi 28 octobre), le mois d’octobre paraissait lui aussi anormalement chaud et sec, si bien qu’il y a peu de chances que la tendance observée depuis le début de l’année se renverse d’ici janvier.

Pluies anormales

Les conséquences des faibles pluies pourraient donner des maux de tête au gouvernement, qui compte sur les dividendes d’Hydro-Québec pour boucler son budget. L’année dernière, le bas niveau des réservoirs des barrages hydro-électriques avait coûté 1,3 milliard $ au trésor public. « De nouvelles données pour l’année en cours montrent que la situation est presque identique cette année », a noté Radio-Canada.

Un exemple parmi d’autres : la station météo de Sept-Îles, sur la Côte-Nord, a reçu presque la moitié moins de pluie que la normale en juin, juillet, août et septembre, indique le bilan du ministère de l’Environnement.

« “Extrêmement chaud” et “sec” seraient ainsi des qualificatifs appropriés pour ce mois [de septembre], qui n’a apporté qu’un peu plus de la moitié de la pluie normale. »

Ministère de l’Environnement

Pendant ce temps, d’autres régions de l’Amérique du Nord (et de la planète) ont reçu des quantités astronomiques de pluie en quelques heures, comme en témoignent les inondations meurtrières provoquées par les ouragans successifs dans le sud-est des États-Unis à la fin de l’été. Le cycle normal de l’eau tend de plus en plus à se rompre.

Émissions record de gaz à effet de serre

Malgré tous les beaux discours, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un sommet record en 2023, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement.

La planète se dirige vers une hausse moyenne catastrophique de 3,1 °C, soit deux fois plus que le maximum de 1,5 °C visé par l’Accord de Paris en 2015, toujours selon le rapport des Nations unies.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère augmente de 2,5 ppm (parties par million) chaque année. À ce rythme, elle dépassera le seuil fatidique des 500 ppm dans une trentaine d’années, soit une concentration presque deux fois plus élevée qu’avant la révolution industrielle.

La France essaie de se préparer à une hausse anticipée de 4 °C. Des experts affirment qu’une hausse globale d’une telle ampleur rendrait la Terre inhabitable pour la grande majorité de la population mondiale. « Quelle est la différence entre deux degrés et quatre degrés [de réchauffement]? » demande Hans Joachim Schellnhuber, fondateur de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique. « La différence, c’est la civilisation humaine. »

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