Une manifestante pro-palestinienne accusée de harcèlement envers le ministre Marc Miller

L’avocate de Samar Alkhdour veut éviter que la protestation soit « criminalisée ».

Oona Barrett Vidéojournaliste · Pivot
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Samar Alkhdour, qui manifeste depuis des mois pour demander au Canada d’accueillir plus de réfugié·es palestinien·nes, a été arrêtée avec deux autres manifestant·es. Elle est accusée de méfaits et de harcèlement envers le ministre de l’Immigration Marc Miller et deux de ses employés.

Le 5 septembre dernier, Samar Alkhdour, Ned Mansour et Wendy Ing interpellent vivement le ministre fédéral de l’Immigration Marc Miller et deux de ses employés, qui sont dans leur véhicule devant un bureau de campagne du Parti libéral à Verdun.

« Honte à vous! […] Vous avez tué ma fille! Vous êtes un politicien génocidaire! » crie Samar Alkhdour.

À la suite d’une plainte des employés du ministre, les trois manifestant·es sont aujourd’hui accusé·es de harcèlement criminel et de méfait. Ils ont comparu ce mardi 10 septembre au palais de justice de Montréal et ont été relâché·es sous conditions.

Samar Alkhdour a commencé en avril un sit-in devant les bureaux du ministre Miller et manifeste pour critiquer le programme spécial d’accueil des réfugié·es en provenance de Gaza, jugé trop limité. Elle tentait depuis longtemps de faire venir sa fille Jana, treize ans, mais celle-ci est finalement morte en janvier sous le siège israélien avant que sa demande ne soit acceptée.

« Aujourd’hui, elle se bat pour pouvoir continuer » sa lutte, explique son avocate, Me Barbara Bedont, à la sortie du palais de justice.

Samar Alkhdour et son avocate contestent les accusations de harcèlement criminel et de méfait.

« Une déclaration d’un des employés, qui contenait franchement beaucoup de faussetés, [dit] que les manifestants avaient encerclé le véhicule et qu’ils le frappaient », explique Me Barbara Bedont. « Heureusement, nous disposons d’une vidéo qui prouve que ce n’est pas vrai. »

« Nous devons maintenant nous battre et prouver qu’il ne s’agit pas de harcèlement. Il s’agit de liberté d’expression », lance l’avocate.

« Nous devons continuer. Nous ne nous arrêterons pas », a quant à lui affirmé Mahmoud Elkahlout, le mari de Samar Alkhdour. « C’est sûr que c’est décevant […] et la loi au Canada est aussi décevante. Mais nous utiliserons l’esprit de la loi au Canada pour défendre tout notre peuple et la Palestine. »

Libéré·es sous condition

Initialement, les conditions de libération des trois manifestant·es leur auraient interdit de retourner au bureau de circonscription de Marc Miller et de publier des informations à son sujet sur les réseaux sociaux. Or, cela aurait eu pour effet de « criminaliser » le sit-in de Samar Alkhdour, selon l’avocate.

La partie adverse a laissé tomber les conditions initialement demandées, mais d’autres ont été imposées. Les trois manifestant·es devront rester à 50 mètres du ministre.

« Cela veut dire que Samar, Ned et tous les autres pourront poursuivre leurs manifestations », explique l’avocate. « Ils pourront continuer à crier et à exprimer leurs opinions politiques. »

La prochaine comparution aura lieu le 12 novembre.

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