Francis Hébert-Bernier Journaliste à l’actualité · Pivot
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Les logements sherbrookois sont de plus en plus chers et mésadaptés aux besoins de l’importante population étudiante de la ville, selon une enquête de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant.

Le montant moyen du loyer payé par les étudiant·es et locataires qui fréquentent les institutions d’enseignement de Sherbrooke aurait augmenté de 18,29 % entre 2021 et 2023, selon une enquête menée par l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE).

Le loyer médian qu’ils et elles payaient en 2023 s’élevait donc à 786 $ par mois, soit 9 432 $ par année. Cela est énorme lorsqu’on considère que 78 % des cégépien·nes sherbrookois et 49 % de ceux et celles qui fréquentent l’université gagnent moins de 20 000 $ par année, souligne l’UTILE.

« C’est en partie parce que le taux de roulement chez les étudiant·es est de 45 % », remarque Maxime Pelletier, directeur adjoint aux affaires gouvernementales de l’UTILE. C’est-à-dire que près d’un·e étudiant·e sur deux change de logement chaque année, une situation qui rend la population étudiante particulièrement vulnérable aux hausses de prix.

Une vulnérabilité décuplée dans le contexte où le coût des loyers disponibles à Sherbrooke a augmenté de 44 % depuis 2020, selon une récente analyse réalisée par le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Construire des logements réellement adaptés à la réalité étudiante

Bien qu’il se soit construit de nombreux logements dans la région sherbrookoise au cours des dernières années, ceux-ci ne sont généralement pas adaptés à la réalité des populations les plus vulnérables, remarque Mario Mercier, porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke.

« Il s’est construit beaucoup d’unifamiliales et des condos, et en contrepartie aucun logement social et communautaire. Et ça dure depuis longtemps », remarque-t-il.

« En fait, il y a vraiment un décalage à Sherbrooke entre la démographie, qui est principalement constituée de personnes jeunes et encore sans enfants, et l’offre résidentielle, qui est faite de maisons et de grands appartements », remarque Maxime Pelletier. « Ça force les étudiant·es à de grandes colocations à plusieurs dans des appartements qui devraient aller aux familles. C’est loin d’être idéal », poursuit-il.

L’UTILE, un organisme à but non lucratif qui gère 597 appartements hors du marché privé destinés aux étudiant·es à Montréal, Québec et Trois-Rivières, espère pouvoir bientôt étendre ses activités dans la région Sherbrookoise. « Ce qu’il faut pour la crise du logement, c’est des solutions à long terme et c’est ce qu’on offre : du logement qui viendrait aider dès maintenant, mais qui est aussi assuré de rester abordable à perpétuité », souligne Maxime Pelletier.

« Il s’est construit beaucoup d’unifamiliales et des condos, et en contrepartie aucun logement social et communautaire. Et ça dure depuis longtemps »

Mario Mercier

Une telle offre serait la bienvenue dans la région, même si elle ne répond qu’à une partie du problème, prévient Mario Mercier. « Ce qu’on voit beaucoup ces jours-ci, ce sont des personnes âgées ainsi que la population immigrante qui a beaucoup de difficulté à trouver un logis à cause des prix, mais aussi à cause de la discrimination », remarque-t-il.

« Mais bien sûr, si on peut aider les étudiants à se loger convenablement, ce serait déjà ça de gagné », remarque-t-il.

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