Gabrielle Brassard-Lecours Responsable des balados · Pivot
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En décembre dernier, le quotidien La Presse avait fait appel des griefs du Conseil de presse du Québec envers Isabelle Hachey, Marie-Ève Tremblay et leurs médias pour leur article sur l’affaire Julien Lacroix paru à l’automne 2022. Sans succès.

Le Conseil de presse a fait paraître, le 20 juin, sa décision de maintenir les blâmes rendus en première instance, après avoir analysé à nouveau les éléments de l’objet de la plainte, à la lumière des arguments de La Presse.

L’histoire concerne un reportage d’Isabelle Hachey et Marie-Ève Tremblay, publié dans La Presse et le 98,5 FM, revenant sur les allégations d’agressions sexuelles contre l’humoriste Julien Lacroix. Le reportage donnait la parole à des femmes qui, à la suite de leur témoignage paru dans Le Devoir, disaient regretter d’avoir dénoncé l’humoriste à cause des conséquences publiques et privées néfastes pour lui et pour elles. Le reportage contestait également les méthodes de l’enquête du Devoir et mettait en cause le travail de la journaliste Améli Pineda.

Cette dernière avait par la suite déposé une plainte au Conseil de presse, qui avait retenu certains griefs dans une décision rendue en décembre dernier.

La Presse, l’un des médias mis en cause en première instance, a interjeté appel concernant les trois griefs retenus à l’unanimité par le comité des plaintes, soit ceux d’information incomplète, de manque d’équilibre et d’apparence de conflit d’intérêts. L’autre média mis en cause dans les plaintes initiales, le 98,5 FM (Cogeco Média), n’a pas fait appel de la décision du comité des plaintes.

Après une nouvelle analyse du comité des plaintes du Conseil de presse, ce dernier a maintenu ses décisions quant aux trois griefs mis en cause, expliquant en détail les arguments des deux parties, dans une analyse donnant finalement raison à Améli Pineda.

La journaliste du Devoir s’est dite « satisfaite de la décision unanime du Conseil de presse qui souligne pour une deuxième fois d’importants manquements dans la démarche d’Isabelle Hachey et de Marie-Ève Tremblay qui ont dérogé à plusieurs principes du Guide de déontologie ».

« Il est malheureux que tant de ressources aient été dépensées pour se justifier plutôt que faire simplement amende honorable. Finalement, c’est le public qui a été induit en erreur et c’est lui qui est perdant dans toute cette démarche », a-t-elle déclaré à la suite de la parution de la nouvelle décision du Conseil de presse.

« Je l’ai dit suite à la première décision, cette plainte n’a en aucun temps eu comme objectif de personnaliser le débat, mais bien d’assurer le respect des normes déontologiques qui encadrent la profession de journaliste », ajoute-t-elle.

« Bien que nous prenions acte de la décision de la Commission d’appel du Conseil de presse, nous demeurons persuadés de la rigueur de la démarche journalistique de notre journaliste et de La Presse », a quant à lui exprimé François Cardinal, vice-président Information et éditeur adjoint à La Presse, par la voix du département de communication du média.

« Nous maintenons que celle-ci était conforme aux normes et pratiques journalistiques bien établies et que le Conseil de presse crée de dangereux précédents qui mineront la capacité de l’ensemble des journalistes québécois de réaliser et de publier des enquêtes sur des sujets d’intérêt public », a-t-il ajouté.

La décision du Conseil de presse est finale et ne peut plus être portée en appel.

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