Mélissa Jean-Baptiste Journaliste indépendante
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Bâtir des ponts et ouvrir le dialogue entre les différentes communautés du Québec tout en démontrant les similitudes existantes avec les histoires des populations autochtones : voilà la mission du Festival Fondu au Noir, qui commence mercredi.

Le festival Fondu au Noir, l’un des événements soulignant le Mois de l’Histoire des Noir·es au Québec, a lieu du 7 au 11 au février 2024 dans la métropole. La treizième édition de ce festival lancé en 2012 par la Fondation Fabienne Colas sera présentée en ligne et en personne.

Un total de dix films seront présentés : un long métrage documentaire sur une famille de réfugié·es sans statut, intitulé L’audience, ainsi qu’une sélection de courts métrages de la relève sur le thème « Être Noir·e à Montréal ». Les films seront présentés à la Maison de culture Notre-Dame-de-Grâce et au cinéma Moderne. Les projections seront suivies d’échanges avec les acteur·trices et réalisateur·trices présent·es. 

Vendredi, le spectacle de musique Ensemble, mettant en vedette l’artiste montréalaise d’origine haïtienne Rebecca Jean, réunira des compositeur·trices afrodescendant·es et autochtones, dont l’artiste innue Soleil Launière ou encore Willows. Une belle rencontre musicale aux saveurs caribéennes et ancestrales.

De grandes entrevues, des panels de discussions, un spectacle d’humour, un spectacle de musique et un total de près de 50 invité·es seront également au rendez-vous.

Rassembler toutes les cultures

« Faire découvrir les talents artistiques des peuples noirs aux autres communautés qui se sont accrues depuis les années 1980 est une façon de rejoindre toutes les populations afrodescendantes et de rassembler toutes les cultures coexistant au Québec », explique Nerline Labissière, de la Fondation Fabienne Colas.

L’histoire des peuples autochtones est similaire à celle de nos communautés, rappelle aussi Mme Labissière. « Comme elles sont semblables, on voulait aussi souligner notre rapport avec eux en leur rendant hommage », en particulier lors du spectacle Ensemble. « C’était important pour nous de faire ça », nomme-t-elle.

La route de la mort : tout risquer pour une vie meilleure

Le documentaire L’audience sera présenté en ouverture du festival, mercredi soir. Il retrace le parcours d’une famille sans papiers au Canada, tentant d’obtenir le statut de réfugié·es. Craignant pour leur vie dans leur pays natal, la République démocratique du Congo, pour des raisons politiques, Peggy Nkunga Ndona, son mari et leurs trois enfants ont dû partir subitement. Elles et ils ont parcouru 20 000 km, en transitant par l’Amérique du Sud et en passant par la « route de la mort », du Brésil au Canada.

« On l’appelle route de la mort, car vous n’êtes pas sûrs de la terminer en vie lorsque vous la commencez. Il nous a fallu trois mois et traverser onze pays pour nous rendre au Canada », relate Peggy Nkunga Ndona.

« Si le commissaire à l’immigration refuse, je ne pourrai pas rester. Je devrai quitter ma maison. Je me sens en sécurité ici. Je devrai prouver que ma vie est en danger au Congo. J’ai très peur », confie Peggy dans le film.

En attendant l’audience qui déterminera si elle peut rester au Canada, la famille tente de refaire sa vie à Montréal, mais une peur constante la hante : celle de devoir partir. Le film révèle le processus laborieux de la demande d’asile au Canada et nous donne un accès inédit.

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