Alors que le premier ministre Justin Trudeau refuse toujours de réclamer un cessez-le-feu, plusieurs milliers de manifestant·es se sont rassemblé·es en soutien au peuple palestinien sur la colline du Parlement à Ottawa, ce samedi après-midi.
« Ceci n’est pas qu’une manifestation, c’est un procès! Nous, le peuple, nous poursuivons le gouvernement pour génocide », crie Sarah Shamy à la foule en pointant du doigt le Parlement. « Trudeau, Trudeau, tu ne peux plus te cacher, nous te poursuivons pour génocide », scande ensuite la membre du Mouvement de la jeunesse palestinienne (MJP).

« La trêve humanitaire ne suffira pas, il faut un cessez-le-feu », dénonce Sarah Shamy. « On veut être plus exigeant, on veut la fin de cette occupation vicieuse contre laquelle notre peuple se bat depuis 75 ans », crie-t-elle.
Les organisateur·trices de la manifestation, qu’iels qualifient d’« historique » et de la plus grosse en sol canadien depuis le début du conflit, réclament « un cessez-le-feu immédiat, la fin de la complicité du Canada dans les crimes de guerre, le génocide et la colonisation des terres palestiniennes, ainsi que la levée du siège de Gaza ».

Organisée par le MJP, l’Association des Canadiens d’origine arabo-palestinienne, Labour for Palestine et la Ligue internationale de lutte des peuples au Canada, la grande manifestation a d’abord commencé par des prises de parole avant de procéder à une marche dans le centre-ville de la capitale.
Tarek Loubani, réfugié palestinien au Canada et ancien médecin à Gaza, raconte devant les milliers de personnes rassemblées les horreurs qu’il a vues là-bas. « Même en temps de soi-disant paix, toutes les fois où j’étais à Gaza, je voyais ces atrocités, je voyais ces enfants mourir. »
Tarek Loubani dénonce le fait que même si un cessez-le-feu immédiat est impératif, il ne réglera pas le problème à long terme. « Ce n’est pas suffisant, il faudra qu’il y ait une Palestine libre. »

Des dizaines de rabbins solidaires se sont aussi déplacés afin de démontrer leur soutien. « Ils sont sortis de leur synagogue, sont venus avec leurs enfants dans ce froid pour dire que les Palestiniens ne sont pas antisémites », explique l’imam Ali Sbeiti. « Les Palestiniens veulent de l’humanité contre les criminels. »
L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) était aussi représentée sur place. Son vice-président régional, Alex Silas, a pris la parole pour affirmer son soutien aux Palestinien·nes affligé·es par la guerre et a du même coup annoncé que son syndicat débloquerait 50 000 $ pour financer l’aide humanitaire d’urgence à Gaza.
Trêve ou cessez-le-feu?
Après 49 jours de guerre, une trêve humanitaire de quatre jours est entrée en vigueur vendredi. Elle prévoit l’entrée de camions d’aide humanitaire dans l’enclave et la libération de 50 otages israélien·nes en échange de 150 prisonnier·ères palestinien·nes.
Depuis, 24 otages détenu·es par le Hamas ont été libéré·es, de même que 39 femmes et personnes mineures palestiniennes détenues dans les prisons israéliennes.

Au moins 200 camions d’aide humanitaire sont rentrés dans l’enclave de Gaza, apportant notamment du carburant et du gaz, selon l’agence des Nations unies chargée de la coordination humanitaire.
Cette trêve de quatre jours a été jugée insuffisante par plusieurs organisations non gouvernementales, dont Amnistie internationale, qui demande un « cessez-le-feu durable » et la fin du siège de Gaza par Israël « pour soulager les souffrances et les préjudices causés aux civils ».
Rappelons qu’à ce jour, plus de 14 000 Palestinien·nes ont été tué·es dans la bande de Gaza sous les bombardements d’Israël. Du côté israélien, 1200 personnes ont été tuées lors des attaques du 7 octobre, un bilan révisé à la baisse ayant été publié par les autorités israéliennes.