L’exposition multidisciplinaire Sexe, désirs et data se construit comme une véritable expérience immersive, un parcours initiatique mêlant savoir sexologique et nouvelles technologies. Elle prendra une dimension collective lors d’une soirée de discussion organisée par le Club Sexu.
C’est dans une ambiance futuriste, presque dystopique, entre lumières incandescentes et fond sonore indescriptible, que prend place l’exposition Sexe, désirs et data, présentée au Centre Phi jusqu’au 31 octobre.
L’exposition est composée de sept œuvres multisensorielles qui intègrent l’intelligence artificielle (IA), la réalité virtuelle (VR) ou des structures et des projections interactives.
Par exemple, l’œuvre Algo Match est un jeu multijoueur·ses qui propose au public de se mettre dans la peau d’un·e personnage en quête de relation sur un site de rencontre. L’œuvre immersive Result interroge, quant à elle, ce que l’IA peut comprendre du désir humain lorsqu’on l’entraîne avec des millions de vidéos pornographiques.
Organisée en partenariat avec le Club Sexu, un organisme d’éducation à la sexualité positive, inclusive et décomplexée, l’exposition offre un regard sur les potentiels et les limites des intersections entre la technologie et nos sexualités, sans porter de jugement.
« On n’est pas dans une conversation qui dit “c’est bien ou c’est mal” », dit Morag Bosom, chercheuse et conceptrice de contenu sexologique au Club Sexu. « Le but c’est vraiment de faire ressortir les nuances et de réaliser à quel point le numérique fait partie de nos sexualités maintenant, qu’on le veuille ou non ». Sexe, désirs et data propose ainsi une expérience où le public se déplace, interagit et apprend au prisme de sa propre subjectivité.
« On ne veut pas nécessairement apporter des réponses, on est là pour venir allumer des ampoules », raconte Morag Bosom.

Partage de connaissances et échange d’expériences
Pour approfondir collectivement certains thèmes phares de l’exposition, il est apparu important pour le Club Sexu d’organiser une soirée de dialogue et d’échange : l’activité Confessions nocturnes aura lieu le 16 octobre au Centre Phi.
« On a décidé de saisir cette opportunité-là pour faire le point sur les applications de rencontre. Ça fait dix ans que c’est dans nos vies. Où en est-on? Quel rôle cela joue-t-il? Quels sont les bons côtés? Quels sont les écueils? »,
Laïma Abouraja Gerald
La soirée sera animée par Laïma Abouraja Gerald, journaliste et animatrice du Balado À quoi tu jouis?. Elle sera accompagnée de trois invités : Christopher Dietzel, chercheur postdoctoral, Annabel McLaughlin, sexologue et psychothérapeute, et Erika Suarez, humoriste.
« Le Club Sexu fait la promotion d’un discours très ouvert, très accessible sur la sexualité, mais c’est toujours sous le regard de la science et avec des sexologues qui rendent tout cela très rigoureux tout en étant très accessible », indique Laïma Abouraja Gerald.
L’événement comportera aussi un volet participatif. « Les gens vont pouvoir répondre en direct à des questions qu’on va leur poser à travers une application et on va discuter des réponses qui auront été récoltées », explique Laïma Abouraja Gerald.
Cette dimension participative privilégiant le partage d’expérience permettra de souligner la diversité des sexualités numériques. « Il y a différentes façons de vivre nos désirs et nos sexualités », remarque Morag Bosom. « On ne prétend pas aborder toutes les réalités numériques. »
Au total, 150 places sont disponibles et peuvent être réservées en ligne.
Divisées en trois grands thèmes, les Confessions nocturnes aborderont l’impact des applications sur la manière de chercher un·e partenaire, la violence et la sécurité en ligne, et finalement la sexualité et l’empowerment.
« On a décidé de saisir cette opportunité-là pour faire le point sur les applications de rencontre. Ça fait dix ans que c’est dans nos vies. Où en est-on? Quel rôle cela joue-t-il? Quels sont les bons côtés? Quels sont les écueils? », précise Laïma Abouraja Gerald.
Dialogues
La soirée Confessions nocturnes s’aligne parfaitement avec ce qui est déjà proposé dans l’exposition Sexe, désirs et data, qui se veut elle aussi un dialogue entre les œuvres et le public.

Cela s’incarne tout d’abord à travers Max, une entité non genrée qui nous accompagne tout au long de l’exposition et nous parle de manière très intime.
« Max nous permet d’aller un peu plus loin, il est là pour nous guider et nous aider à approfondir nos réflexions, pour s’assurer que les visiteurs repartent au minimum avec plusieurs questions », expose Morag Bosom.
L’exposition impose également un dialogue entre les visiteur·euses. Parmi les sept œuvres qui structurent l’exposition, on retiendra Confessionnal, un espace de partage anonyme qui permet au public de livrer et d’écouter des confidences en toute sécurité.
Certaines des confessions anonymes seront partagées lors de la soirée Confessions nocturnes et utilisées comme point de départ des échanges.