Lâcher l’école pour militer contre les changements climatiques

« C’est vraiment difficile pour nous, la jeunesse, de se projeter dans le futur quand il est aussi incertain. »

Oona Barrett Vidéojournaliste · Pivot
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Estimant que l’université n’est pas la bonne voie pour assurer leur avenir sur une planète en crise, des jeunes choisissent de mettre de côté leurs études pour se consacrer à l’action politique. C’est ainsi qu’est né le collectif Le Temps de militer.

« J’apprends plus en étant dans les rues, en me mobilisant, j’apprends plus en étant activiste qu’en étant étudiante », explique Sandrine Giérula, militante et étudiante en sciences de l’environnement, qui sera à temps partiel l’hiver prochain « pour avoir le temps de militer ».

Affiliée à la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), Isabelle Grondin Hernandez a co-écrit une lettre ouverte en novembre dernier appelant les personnes étudiantes à quitter l’école pour militer. C’est de là qu’est né le mouvement Le Temps de militer.

Pour Isabelle, ex-étudiante en droit, c’est maintenant qu’il est urgent d’agir et donc qu’il faut sensibiliser autour de la justice climatique. « C’est maintenant qu’il faut créer un mouvement social de masse, parce que c’est les mouvements sociaux qui ont la capacité de créer des changements systémiques comme celui dont on a besoin », dit-elle.

« J’ai le privilège d’arrêter l’école pour militer. Je ne suis pas en situation de précarité, je n’ai pas de prêts et bourses, je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas un statut international », explique Isabelle, ex-étudiante en droit.

« Ce choix-là a été fait parce que je pense que c’est vraiment difficile pour nous, la jeunesse, de se projeter dans le futur quand le futur est aussi incertain », dit Sandrine à son tour.

Le système d’éducation ne serait pas adapté à former les étudiant·es à la lutte contre les changements climatiques, selon les deux étudiantes.

« Présentement, le cursus scolaire de mon baccalauréat ne nous apprend pas les réalités actuelles des politiques environnementales. On ne nous parle pas des intersections entre les luttes sociales et les luttes environnementales », déplore Sandrine Giérula.

Investir la COP15?

Alors qu’a lieu la Conférence de l’ONU sur la biodiversité à Montréal, il est important de diversifier nos actions pour lutter dans ce contexte d’urgence écologique, selon Sandrine.

Pour l’étudiante, il est aussi important de se mobiliser à l’intérieur de la COP15 – afin d’amplifier certaines voix dont celles des communautés autochtones, de la jeunesse et des savoirs scientifiques – que de se mobiliser à l’extérieur « pour dénoncer le capitalisme vert, l’éco-blanchiment et le lobbyisme ».

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