Une assemblée publique de consultation sur un projet immobilier de neuf étages s’est tenue le 28 avril dernier dans une salle presque vide du conseil d’arrondissement du Sud-Ouest. Organisée par la Division de l’urbanisme de la Ville de Montréal, la rencontre portait sur une demande de dérogation liée à un projet résidentiel prévu près du canal de Lachine.
Présidée par la conseillère de ville du district Saint-Paul–Émard–Saint-Henri-Ouest, Élise Tremblay, la séance a réuni un nombre restreint de participant-es. Outre les représentant-es de l’administration municipale, un seul citoyen était présent dans la salle.
À l’ordre du jour : une demande de dérogation mineure concernant la densité du projet. Cette dernière est mesurée en fonction de la superficie du plancher du projet divisé par la superficie du terrain. Elle doit être entre 4,6 et 6 pour être conforme.
Les fonctionnaires ont expliqué que les calculs initiaux incluaient la berge du canal de Lachine dans la superficie du terrain. Or, cette portion ne peut être comptabilisée dans le calcul réglementaire. Une fois la correction apportée, la densité du projet tombe à 4,17, sous le seuil minimal exigé, qui se situe entre 4,6 et 6 selon la réglementation en vigueur. Ce projet a déjà été approuvé lors du Comité consultatif d’urbanisme du 11 mars. Le conseil souhaite donc continuer d’avancer le projet malgré la non-conformité. Le nombre d’étages, soit neuf, avait déjà été approuvé lors de ce même Comité consultatif. La consultation de mardi visait donc à présenter publiquement cette dérogation technique avant que le dossier ne poursuive son cheminement au conseil d’arrondissement.
Malgré les enjeux urbanistiques soulevés, aucune question n’a été posée durant la période prévue à cet effet.
La faible participation a marqué la soirée. À l’ouverture des portes, quelques minutes avant 18 h, la salle était encore fermée. L’ambiance était calme, presque confidentielle, à quelques heures d’un match des Canadiens de Montréal. L’enregistrement sonore de la séance, a-t-on indiqué, pourra être obtenu sur demande par courriel, mais n’est pas diffusé publiquement en ligne.
Autour de la table se trouvaient également Élise Tanguay, conseillère de la ville, Mélissa Gareau, secrétaire recherchiste, Daphnée Claude, secrétaire d’arrondissement, Kelsey Keenan-Crépeau, agente de recherche en urbanisme, ainsi que Marc-André Hernandez, directeur de l’aménagement urbain et du patrimoine.
Après la séance, des précisions ont été demandées sur la notion de densité, définie sommairement comme un ratio entre la superficie constructible du bâtiment et celle du terrain. Une explication jugée exacte, mais peu accessible pour le grand public.
Le projet doit maintenant être étudié par le conseil d’arrondissement, où la demande de dérogation sera officiellement tranchée.
Au-delà des calculs techniques, un élément a néanmoins fait consensus : la berge du canal de Lachine doit demeurer un espace public. Dans un secteur déjà marqué par la pression immobilière, la protection de cet accès collectif au canal demeure, pour plusieurs, un enjeu central.
Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).
